ANNÉE 1768.
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A MILORD COMTE DE HARCOl'h*.
13 janvier 1768.
Je me reproclierois, milord, d’avoir tardé si longtemps à vousécrire et à vous remercier, si je ne me rendois le témoignage quela volonté y étoit tout entière, et que ce que je veux faire esttoujours ce que je fais le moins. J’ai, entre autres, été depuistrois mois garde-malade, et je n’ai pas quitté le chevet d’un ami,qui, grâce au ciel, est enfin parfaitement rétabli. Je vous offre,milord, les prémices de mes loisirs ; et c’est avec autant d’em-pressement que de reconnoissance que, touché de toutes les bontésdont vous m’avez honoré, je vous en demande la continuation.Il ne tiendra pas à moi qu’en les cultivant avec le plus grand soin,je ne vous témoigne en toute occasion combien elles me sont pré-cieuses.
J’ai reçu depuis long-temps l’argent du billet que vous prîtes lapeine de m’envoyer pour le produit des estampes ; et c’est en-core un de mes torts les moins excusables de ne vous en avoirpas tout de suite accusé la réception ; mais je me reposois un peuen cela sur votre banquier, qui n’aura pas manqué de vous endonner avis. Vous me demandez, milord, ce qu’il falloit fairedes estampes de M. Walelet : nous étions convenus que, puisquevous ne les aviez pas et qu’elles vous étoient agréables, vous lesajouteriez à vos porte-feuilles, d’autant plus qu’elles ne pouvoientpasser décemment et convenablement que dans les mains d’unami de l’auteur : ainsi j’espère qu’à ce titre vous ne dédaignerezpas de les accepter. A l’égard de l’estampe du roi, je desire extrê-mement qu’elle me parvienne ; et, si vous permettez que j’abuseencore de vos bontés, j’ose vous supplier de la faire envelopperavec soin dans un rouleau. Je desire extrêmeme.nt recevoir bientôtcette belle estampe, que j’aurai soin de faire encadrer convenable-ment pour avoir les traits de mon auguste bienfaiteur incessam-ment gravés sous mes yeux, comme ses bontés le sont dans moncœur.
Daignez, milord, continuer à m’honorer des vôtres, et quel-quefois des marques de votre souvenir : je tâcherai, de mon côté,de ne me pas laisser oublier de vous, en vous renouvelant, autantque cela ne vous importunera pas, les assurances de mon plusentier dévouement et de mon plus vrai respect.