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Tome huitième.
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340 COBBESPONDANCE.

que tant de précipitation ne me laisse pas le temps de peser suffi-samment ces articles , quoique je ne sois pas sur les lieux, quej’ignore l’état des choses, que je n’aie ni papiers, ni livres, et quema mémoire, absolument éteinte, ne me rappelle pas même vo-tre constitution , je suis trop affecté de votre situation pour nepas vous dire , bien qu’à la hâte , mon opinion sur les moyens,qu’on vous offre d’en sortir. Quelque mal digérée que soit cetteopinion, je ne laisse pas, messieurs, de vous l’exposer avec con-fiance , non pas en moi, mais en vous , très sûr que, si je metrompe, vous démêlerez aisément mon erreur.

Dans l’extrait qui m’a été envoyé, il n’y a, du projet appelé lesecond, qu’un seul article, qui est aussi le second : savoir, l'élec-tion de la moitié du petit conseil par le conseil-général : ce se-cond article n’étant bon à pas grand’chose, je ne dirai rien duprojet dont il est tiré.

Je parlerai de l’autre, après avoir posé deux principes quevous ne contesterez pas : l’un, qu’un accommodement ne supposepas qu’on cède tout d’un côté et rien de l’autre, mais qu’on serapproche des deux côtés; l’autre, qu’il n’est pas question de vic-toire dans cette affaire, ni de donner gain de cause aux négatifsou aux représentants, mais de faire le plus grand bien de la chosecommune, sans songer si l’on est Rutule ou Troyen.

Cela posé, j’oserai vous dire que ce projet me paroît non seu-lement acceptable, mais, avec quelques changements et l’additiond’un ou deux articles, le meilleur peut-être que vous puissiezadopter.

Le petit conseil tend fortement à la plus dure aristocratie : lesmaximes des représentants vont par leurs conséquences, non seu-lement à l’excès , mais à l’abus de la démocratie, cela est certain.Or il ne faut ni l'un ni l’autre dans votre république ; vous le sen-tez tous : entre le petit conseil, violent aristocrate , et le conseil-général , démocrate effréné, où trouver une force intermédiairequi contienne l’un et l’autre, et soit la clef du gouvernement?Elle existe cette force, c’est le conseil du deux-cents ; mais pour-quoi cette force ne va-t-elle pas à son but? pourquoi le deux-cents, au lieu de contenir le vingt-cinq, en est-il l’esclave? N’ya-t-il pas moyen de corriger cela? Voilà précisément de quoi ils’agit.

Avant d’entrer dans l'examen des moyens, permettez-moi Tmessieurs, d’insister sur une réflexion dont j’ai le cœur plein. Les-