370 CORRESPONDANCE.
nouvelle que j’aie jamais eue de cette prétendue réversion. Cetteclause, il est vrai, faisoit partie du traité qui étoit entre vous étmoi, mais elle n'a voit rien de commun, que je sache, avec Ja con-stitution de milord maréchal; et, si elle eût existé, il n’est pasconcevable que ni lui ni vous ne m’en eussiez jamais dit un seulmot. Elle n’est pas même compatible avec la quotité de la sommeconstituée, attendu qu’une telle clause, vous rendant la rente plusonéreuse, eût exigé un fonds plus considérable; et milord maré-chal est trop galant homme pour vouloir être généreux à vos dé-pens. Ainsi, à moins que je n’aie la preuve péremptoire de cetteréversion, vous me permettrez de croire qu’elle n’existe pas, etque, par défaut de mémoire, vous aurez confondu une clause dutraité annulé avec une constitution de rente où il n’en a jamais étéquestion.
Je dirai plus : quand même cette clause existerait réellement,loin d’empèchcr l’exécution de l’arrangement proposé, elle en lè-verait les difficultés, et le favoriserait pleinement; car ôtez du ca-pital les cent louis que j’assigne pour votre remboursement, resteprécisément le capital des quatre cents livres de rente que vouspouvez payer dès à présent à celle à qui elles sont destinées,comme si j’étois déjà mort. Cette solution répond à tout.
Mais je crains que, puisque vous voilà en train de scrupules,vous n’en ayez tant, que notre arrangement définitif ne soit pasprêt à se faire. Pour moi, je vous déclare que non seulement rienne me presse, mais que je consens de tout mon cœur à laissertoujours les choses sur le pied où elles sont, croyant, dans cetétat, pouvoir en sûreté de conscience ne pas me regarder commevotre débiteur.
Quant à mes écrits et papiers qui sont entre vos mains, ils ysont bien ; permettez que je les y laisse, résolu de ne les plus re-voir et de ne m’en remêler de ma vie. Ce recueil, s’il se conserve,deviendra précieux un jour ; s’il se démembre, il s’y trouve suffi-samment d’ouvrages manuscrits pour en tirer d’un libraire leremboursement des avances que vous m’avez faites. Si vous pre-nez ce parti, j’exige ou que rien ne paroisse de mon vivant, ouque rien ne porte mon nom, ni présent, ni passé. Au reste, il n'ya pas un de ces écrits qui soit suspect en aucune manière, et quine puisse être imprimé à Paris, même avec privilège et permis-sion. Le parti qui me conviendrait le mieux, je vous l’avoue, se-roit que tout fût livré aux flammes, et c’est même ce que je vous