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Tome huitième.
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ANN13E 1768. 385

« ce fût près de Neuchâtel, parcequ’il y en a dix, et neuf, et huit,

« et sept, que j’en étois fort loin, sans en avoir approché durant« tout ce temps plus près de cent lieues.

« Je n’ai jamais logé au bourg des Verdières, et n’en ai même« jamais entendu parler : c’est peut-être le village des Verrières« qu’on a voulu dire ; j’ai passé dans ce village une seule fois, il« n’y a pas cinq ans, allant à Pontarlier ; j’y repassai en reve-« liant; je n’y logeai point; j’étois avec un ami (qui n’étoit pas« le sieur Thevenin); personne autre ne revint avec nous , et,de-« puis lors, je ne suis pas retourné aux Verrières.

« Je n’ai jamais vu, que je sache, le sieur Thevenin , cliamoi-« seur ; jamais je n’ai ouï parler de lui, non plus que du sieur« Janin,mon prétendu hôte. Je ne connois qu’un seul M. Jean*

« nin, mais il ne demeure point aux Verrières, il demeure à« Neuchâtel, et il n’est point cabaretier ; il est secrétaire d’un de« mes amis.

« Je n’ai jamais écrit, autant qu’il m’en souvient, à M. de Fau-<i gnes, et je suis sûr au moins de ne lui avoir jamais écrit de« lettre de recommandation, n’étant pas assez lié avec lui pour« cela : encore moins ai-je pu écrire à M. Aldiman, d’Yverdun,

« que je n’ai vu de ma vie, et avec lequel je n’eus jamais nulle es-« pèce de liaison.

« Je n’ai jamais signé avec mon nom le Voyageur perpétuel,

« premièrement pareeque cela n’est pas vrai, et surtout ne l’étoit« pas alors, quoiqu’il le soit devenu depuis quelques années ; en« second lieu, pareeque je ne tourne pas mes malheurs en plai-« santeries, et qu’enfui, si cola m’arrivoit, je tâcheras qu’elles« fussent moins plates.

« J ai quelquefois prêté de l’argent à Neuchâtel, mais je n’y en« empruntai jamais, par la raison très simple qu’il ne m’a jamais« manqué dans ce pays-là ; et vous m’avouerez, monsieur,« qu’ayant pour amis tous ceux qui y tenoient le premier rang,« il eût été du moins fort bizarre que j’allasse emprunter neuf« francs d’un chamoiseur que je ne connoissois pas, et cela à un# quart de lieue de chez moi ; car c’est à peu près la distance de« Saint-Sulpice, où l’on dit que cet argent m’a été prêté, à Mo-« tiers, où je demeurois. »

Vous croiriez, mon cher hôte, sur cette lettre et sur ma réponseque j’ai envoyée au commandant de la province, que tout a étéfini, et que, l’imposture étant si clairement prouvée, l’imposteur