AKNÉE 1768.
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A 11. LE COMTE DE TONNEBBE.
Bourgoin, le 13 septembre 1768.
Monsieur,
Comme je ne puis douter que vous ne sachiez parfaitement àquoi vous en tenir sur le compte du sieur Thevenin, je crois voir,par la dernière lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire,qu’on vous trompe comme on trompe M. le prince de Conti, etque mon futur voyage de Grenoble est une affaire concertée dontla fable de ce malheureux n’est que le prétexte. Vous aviez labonté de desirer que ce motif m’attirât aux environs de cette capi-tale. J'ignore, monsieur le comte, d’où naît ce désir, et si je doisvous en rendre grâces ; tout ce que je sais est que les moyens em-ployés à cet effet ne sont pas extrêmement attirants. Malgré lesembarras où je suis, je pars demain pour me rendre à vos ordres ;jeudi j’aurai l’honneur de me présenter à votre audience, et j’es-père qu’il vous plaira d’y mander ledit Thevenin. Je repartiraivendredi matin, quoi qu’il arrive, si l’on m’en laisse la liberté.
J’ai l’honneur d’ètre avec respect,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Renou.
AU MÊME.
Bourgoin, le 18 septembre 1768.
Monsieur,
Le contre temps de votre absence à mon arrivée à Grenoblem’affligea d’autant plus que sentant combien il m’importoit que,selon votre désir, mon entrevue avec le sieur Thevenin se passâtsous vos yeux, et ne pouvant le trouver qu’à l’aide de M. Bovier,que j’aurois voulu ne pas voir, je me voyois forcé d’attendre àGrenoble votre retour, à quoi je ne pouvois me résoudre, ou derevenir l’attendre ici, ce qui m’exposoit à un second voyage. J’au-rois pris, monsieur, ce dernier parti, sans la lettre que vous mefîtes l’honneur de m’écrire le 15, et qui me fut envoyée à la nuitpar M. Bovier. Je compris par cette lettre qu’afin que monvoyage ne fût pas inutile, vous pensiez que je pouvois voir leditThevenin, quoique en votre absence 5 et c’est ce que je fis par l’en-tremise de M. Bovier, auquel il fallut bien recourir pour cela.