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Tome huitième.
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390 COBBESPONDANCK.

lement en liaison avec ces messieurs-là. Si, comme il est à crain-dre, aucune desdites lettres n’est parvenue, ce seront ces coquinsde valets, à qui l’honnête Thevenin les a remises, qui lui aurontjoué le tour de les garder. Je ne dis rien de la lettre pour Paris ;il est si clair qu’une recommandation pour Paris est extrêmementUtile à un garçon chamoiseur qui va travailler à Yverdun !

Pardon, monsieur, je ris de ma simplicité, et j’admire votrepatience ; mais enfin , si Thevenin n’est pas un imposteur, ilfaut, de nécessité absolue, que toutes ces folies soient autant devérités.

Supposons-les telles, et passons outre : voilà le généreux The-veniu, créancier ou bienfaiteur d’un nommé Rousseau , lequel,comme le dit très bien M. Bovier, doit être pénétré de reconnois-sance. Quel est ce Rousseau? lui, Thevenin, n’en sait rien, maisM. Bovier le sait pour lui, et présume, avec beaucoup de vraisem-blance, que ce Rousseau est l’infortuné Jean-Jacques Rousseau,si connu par ses malheurs passés, et qui le sera bien plus encorepar ceux que l’on lui prépare. Je ne sache pas cependant que,parmi' ces multitudes d’atroces et ridicules charges que ces en-nemis inventent journellement contre lui, ils l’aient jamais accuséd’être un coureur de cabarets, un croeheteur de bourses, qui vapochetant quelques écus çà et là, chez le premier va-nu piedsqu’il rencontre. Si le Jean-Jacques Rousseau qu’on connoit pou-voit s’abaisser à pareille infamie, il faudroit qu’on l’eût vu, pourle pouvoir croire ; et encore, après l'avoir vu, n’en croiroit-onrien. M. Bovier est moins incrédule : le simple doute d’un misé-rable qu’il ne connoit point se transforme , à ses yeux, en certi-tude, et lui prouve qu’une belle ame qu’il connoit est celle du plusvil des mendiants ou du plus lâche des fripons.

Si le Jean-Jacques Rousseau dont il s’agit n’est qu’un infâme,ce n’est pas tout, il faut encore qu’il soit un sot ; car s’il accepteles neuf francs que ledit Thevenin ne lui donne pas de la main àla main, mais qu’il lui fuit donner par un autre homme, habitantdu pays, il doit s’attendre qu’ils lui seront reprochés mille fois lejour : il doit compter qu’à chaque fois qu’on citera, dans le pays,quelque trait de sa facilité à répandre et de sa répugnance à re-cevoir, le sieur Janin ne manquera pas de dire : « Eh! par Dieu,« cet homme n’est pas toujours si lier; il a demandé et reçu neuf« francs d’un faquin d’ouvrier qui logeoit dans mon auberge ; et« j’en suis bien sûr , car c’est moi qui les ai livrés, » Quand on