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Tome huitième.
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396 COHBESPONDANCE.

venin. Je n’en ai aucune réponse : je crains bien que mes let-tres ne soient interceptées à la poste. M. de Faugnes demeure rueFeydeau. Si, sans vous incommoder, vous pouviez , monsieur,passer chez lui et chez M. Thevenin de Tanley, vous tireriez peut-être de ces messieurs des informations qui me seraient utiles pourconfondre mon coquin , malgré la faveur de ses honnêtes pro-tecteurs.

Je vois que ma diffamation est jurée, et qu’on veut l’opérer àtout prix : mon intention n’est pas de daigner me défendre,quoiqu’en cette occasion je n’aie pu résister au désir de démas-quer l’imposteur; mais j’avoue qu’enfin dégoûté de la France, jen’aspire plus qu’à m’en éloigner, et du foyer des complots dontje suis la victime. Je n’espère pas échapper à mes ennemis, enquelque lieu que je me réfugie ; mais, en les forçant de multiplierleurs complices, je rends leur secret plus difficile à garder, et jele crois déjà au point de ne pouvoir me survivre : c’est tout cequi me reste à desirer désormais. Bonjour, monsieur. Votre der-nière lettre m’est bien parvenue; cela me fait espérer le mêmebonheur pour celle-ci, et peut-être pour votre réponse; faites-laun peu promptement, je vous supplie, si vous voulez que je la re-çoive; car, dans une quinzaine de jours, je pourrais bien n’ètreplus ici. Ma femme vous prie d’agréer ses obéissances ; recevezmes très humbles salutations.

A M. DU PEVROU.

Bourgoin, le 25 septembre 1768.

Je reçois en ce moment, mon cher hôte, votre lettre du 20, etj’y apprends les progrès de votre rétablissement avec une satis-faction à laquelle il ne manque , pour être entière , que d’aussbonnes nouvelles de la santé de la bonne maman. 11 n’y a rien àfaire à sa sciatique que d’attendre les trêves, et prendre patience ;vous êtes dans le même cas pour votre goutte; et, après la leçon ter-rible pour vous et pour d’autres que vous avez reçue, j’espère quevous renoncerez une bonne fois à la fantaisie de guérir de lagoutte, de tourmenter votre estomac et vos oreilles, et de vouloirchanger votre constitution avec du petit lait, des purgatifs et desdrogues ; et que vous prendrez une bonne fois le parti de suivre etd’aider, s’il se peut, la nature, mais non de la contrarier.

Je ne sais pourquoi vous vous imaginez qu’il a fallu, pour me