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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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assurance raisonnable de n’y pas être oublié et laissé mourir defaim. J’avoue qu’en faisant usage de mes propres ressources,j’en trouverais dans le fruit de mes travaux passés de suffisantespour subsister où que ce fût ; mais cela demanderait d’autresarrangements que ceux qui subsistent, et des soins que je ne suisplus en état d’y donner. Pardon, monsieur : je vous expose bienconfusément l’idée qui m’est venue, et les obstacles que je voisà son exécution. Cependant, comme ces obstacles ne sont pasinsurmontables, et que cette idée m’offre le seul espoir de reposqui me reste, j’ai cru devoir vous en parler, afin que sondant leterrain, si l’occasion s’en présente, soit auprès de quelqu’un quiait du crédit à la cour, et des protecteurs que vous me conuois-sez, soit pour tâcher de savoir en quelle disposition l’on serait àcelle de Londres pour protéger mes herborisations dans l’Archi-pel, vous puissiez me marquer si l’exil dans ce pays-là que jedesire peut être favorisé d'un des deux souverains. Au reste, iln’y a que ce moyen de le rendre praticable, et je ne me résou-drai jamais, avec quelque ardeur que je le desire, à recourir pourcela à aucun particulier, quel qu’il soit. La voie la plus courte etla plus sûre de savoir là-dessus ce qui se peut faire serait, à monavis, de consulter madame la maréchale de Luxembourg. J’aimême une si pleine confiance, et dans sa bonté pour moi, et dansses lumières, que je voudrais que vous ne parlassiez d'abord dece projet qu’à elle seule, que vous ne fissiez là-dessus que cequ’elle approuvera, et que vous n’y pensiez plus si elle le jugeimpraticable. Vous m’avez écrit, monsieur, de compter sur vous.Voilà ma réponse. Je mets mon sort dans vos mains autant qu’ilpeut dépendre de moi. Adieu, monsieur; je vous embrasse detout mon cœur.

A M. MOULTOL'.

Bourgoin, le 10 octobre 176$.

Vos lettres, monsieur, me sont parvenues. Je ne répondis pointà la première, parceque vous m’annonciez votre prochain départde Genève ; mais j’y crus voir de votre part la continuation d’uneamitié à laquelle je serai toujours sensible, et j’y trouvai la clefde bien des mystères auxquels depuis long-temps je ne compre-nois rien. Cela m’a fait rompre, un peu imprudemment peut-être,avec des ingrats dont j’ai plus à craindre qu’à espérer, aprèsm’être perdu pour leur service ; mais mon horreur pour toute