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dire, et n’ayant plus qu’à se taire, de se taire ensuite tranquille-ment •, et s’il étoit enfin convaincu d’ètre un imposteur , de sortirnéanmoins de cette affaire, confondu, très peu iui importe, maisimpuni, mais triomphant. Pour un homme qui paroit si bête , jetrouve qu’il n’a pas trop mal calculé.
Je vous supplie , monsieur, de vouloir bien ordonner, à votrecommodité, que les deux pièces ci-jointes me soient renvoyéesavec la lettre de M. Roguiu. Je sens quej’ai fort abusé, dans cetteoccasion, de la permission que vous m’avez donnée de faire ve-nir mes lettres sous votre pli. Je serai plus discret à l’avenir ; etsi l’impunitédu premier fourbe en suscite d’autres, elle me servirade leçon pour 11 e m’en plus tourmenter.
J’ai l’honneur, monsieur le comte, de vous assurer de tout monrespect.
Déclaration juridique du sieur Jeannel.
L’an 1768, et le dix-neuvième jour du mois de septembre, par-devant noble et prudent Charles-Auguste de Terraux, bourgeoisde Neuchâtel et de Romain-Motiers, maire pour sa majesté le roide Prusse, notre souverain prince et seigneur , en la juridictiondes Verrières, administrant justice par jour extraordinaire, maisaux lieu et heure accoutumés, et en la présence des sieurs jurésen icelle après nommés :
Personnellement est comparu M. Guyenet, receveur de sa ma-jesté, et lieutenant en l’honorable cour de justice du Val-de-Tra-vers, qui a représenté qu’ayant reçu depuis peu une lettre deM. J.-J. Rousseau, datée de Bourgoin, du 8 du couraut, par la-quelle il lui marque que le nommé Thevenin, chamoiseur de saprofession, lui ayant fuit demander neuf livres argent de France,qu’il prétend lui avoir fait remettre en prêt au logis du Soleil, àSaint-Sulpice, il y a à peu près dix ans ; et comme cet article esttrop intéressant à l'honneur de mondit sieur Rousseau pour nepas l’éclaircir, vu et d’autant qu’il n’a jamais été dans le cas d’em-prunter cette somme dudit Thevenin, et que cet article estcontrouvé, c’est pourquoi mondit sieur le lieutenant Guyenet seprésente aujourd’hui par-devant cette honorable justice, pour re-quérir que, par reconnoissance, il puisse justifier authentique-ment ce qu’il vient d’avancer, ayant pour cet effet fait citer en té-moignage le sieur Jean-Henri Jeannet, cabaretier de ce lieu,présent , lequel et par qui l’argent que répète ledit Thevenin à