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Tome huitième.
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ANNÉE 1768.

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A M. LE COMTE DE TONNERRE.

Monsieur,

Rouigoin, le 18 novembre 1768.

Pardon de mes importunités réitérées, mais je ne puis me dis-penser de vous envoyer encore l’imprimé ci-joint, qu’on n’a purecouvrer plus tôt (*). Vous y verrez, monsieur le comte, queceux qui ont aposté le sieur Thevenin ont su choisir un sujet déjàexpérimenté dans le métier qu’ils lui faisoient faire.

Je ne puis penser, monsieur, que vous m’ayez pu croire dansl’ame assez de bassesse pour vouloir me venger d’un tel mal-heureux. Moi qui jamais n’ai fait, ni rendu, ni voulu le moindremal à personne, commencerois-je si tard et sur un pareil person-nage? Non, monsieur, je n’ai point désiré sa punition, mais saconfession ; et c’est ce que sa conviction devoit naturellementproduire, si l’on en eût profité pour remonter à la source de cesmenées. Mais c’est ce qui commence à devenir superflu ; et, sansque l’autorité ni moi nous en mêlions en aucune manière, je pré-vois que le public ne tardera pas à savoir à quoi s’en tenir.

Permettez que je vous réitère ici mes actions de grâce des bontésdont vous m’avez honoré, et mes excuses de l’abus que j’en ai pufaire 5 et daignez, monsieur, agréer, je vous en supplie, les assu-rances de mou respect.

P. S. Je prends la liberté d’exiger, monsieur, que vous nefassiez aucun usage de cet imprimé. Il est pour vous seul, etpour être brûlé après l’avoir lu, à moins que vous n’aimiez mieuxle garder, mais de façon qu’il ne puisse nuire à celui qu’il con-cerne.

A M. JIOULTOU.

Bourgoin, le 21 novembre 1768.

J’ai, mon ami, votre lettre du 14. Je ne puis me détacher del’idée d’aller vous embrasser, et délibérer avec vous de ma desti-nation ultérieure. Je n’ai point encore de réponse de l’ambassa-deur d’Angleterre : il n’étoit pas à Paris quand je lui ai écrit ;et j’ai appris dans l’intervalle qu’il avoit l’honnête Walpole pour

O C'étoit un arrêt du parlement de Taris, du 10 mars 1761, qui condamnoit Tlie-venin au carcan, à être marqué, et aux galères pour trois ans, pour impostures etea-tomnies.