ANNliE 1769 . 441
départ pour l’Angleterre. Je ne l’ai pas revu depuis, et je n’y aipas même pensé. Je ne puis me rappeler avec certitude si ce bar-bouillage est ou n’est point un des manuscrits inlisibles que M. DuPeyrou m’envoya à Woottou pour les transcrire, et que je luirenvoyai, copie et brouillon, par son ami M. de Cerjat, chez lequel,ou durant le transport, le vol aura pu se faire. Ce qu’il y a desûr, c’est que je n’ai aucune part à cette impression, et que sij’eusse été assez insensé pour vouloir mettre encore quelque chosesous la presse, ce n’est pas un pareil torche-cul que j’aurois choisi.J'ignore comment il est passé sous la presse ; mais je crois M. DuPeyrou parfaitement incapable d’une pareille infidélité. En ce quime regarde, voilà la vérité, et il m’importe que cette vérité soitconnue, Je vous embrasse et vous salue, mon cher monsieur, detout mon cœur.
a m. nu PEYKOU.
Sloniuiu, le 28 tévrier 1769.
Je suis sur ma montagne, mon cher hôte, où mon nouvel éta-blissement et mon estomac me rendent pénible d’écrire; sans quoije n’aurois pas attendu si long-temps à vous demander de fré-quentes nouvelles de madame la commandante, jusqu’à l’entièreguérison, dont, sur votre pénultième lettre, l’espoir se joint audésir. Pour moi, mon état n’est pas empiré depuis que je suis ici ;mais je souffre toujours beaucoup. J’ai eu tort de ne vous pasmarquer le rétablissement de madame llenou, qui n’a tenu le litque peu de jours; mais imaginez ce que c’étoit que d’être tousdeux en même temps presque à l’extrémité dans un mauvais ca-baret.
Il n’y a pas eu moyen de tirer de Fréron le manuscrit sur le-quel le discours en question a été imprimé ; mais je vois, par ceque vous me marquez, que la copie furtive en a été faite avant lescorrections, qui cependant sont assez anciennes; elles n’empê-chent pas que l’ouvrage, ainsi corrigé, ne soit un misérable tor-che-cul ; jugez de ce qu’il doit être dans l’état où ils l’ont im-primé. Ce qu’il y a de pis est que Itey et les autres ne manque-ront pas de l’insérer en cet état dans le recueil de mes écrits. Qu’ypuis-je faire? il n’y a point de ma faute. Dans l’état où je suis,tout ce qu’il reste à faire, quand tous les maux sont sans remède,est de rester tranquille et de ne plus se tourmenter de rien.
M. Séguier, célèbre par le Planta: Veronenses, que vous avez