année 1769. 475
dans mon état, je la quitte, ii le faut ; n’en parlons plus. Depuisquej’ai commencé dem’en occuper, j’ai fait une assez considérablecollection de livres de botanique, parmi lesquels il y en a de rareset de recherchés par les botanophiles, qui peuvent donner quel-que prix à cette collection. Outre cela, j’ai fait sur la plupart deccs livres un grand travail par rapport à la synonymie, en ajou-tant à la plupart des descriptions et des figures le nom de Lin-næus. Il faut s’ètre essayé sur ces sortes de concordances pourcomprendre la peine qu’elles coûtent, et combien celle que j’aiprise peut en éviter à ceux à qui passeront ces mêmes livres,s'ils en veulent faire usage. Je cherche à me défaire de cettecollection, qui me devient inutile et difficile à transporter. Je vou-drais qu’elle pût vous convenir; et je ne désespère pas , quandvous aurez un jardin de plantes, que vous ne repreniez le goût dela botanique, qui, selon moi, vous seroit très avantageux. Ence cas, vous auriez une collection toute faite, qui pourrait voussuffire, et que vous formeriez difficilement aussi complète en dé-tail ; ainsi j’ai cru devoir vous la proposer avant que d’en parlerà personne : j’en fais faire le catalogue ; voulez-vous que je vousle fasse passer ?
Je ne suis point surpris des soins, des longueurs, des frais inat-tendus, des embarras de toute espèce que vous cause votre bâti-ment : vous avez dû vous y attendre, et vous pouvez vous rappe-ler ce que je vous ai écrit et dit à ce sujet quand vous en avezformé l’entreprise. Cependant vous devez être à la fin de la grossebesogne, et ce qui vous reste à faire n’est qu’un amusement encomparaison de ce qui est fait: à moins pourtant que vous ne don-niez dans la manie de défaire et refaire; car, en ce cas, vous enavez pour la vie, et vous ne jouirez jamais. Refusez-vous totale-ment à cette tentation dangereuse, ou je vous prédis que vousvous en trouverez très mal.
A M. LALIATJD.
Monquin, le 30 novembre 1769.
J’apprends avec plaisir, monsieur, que vous jouissez, en bonne,santé et avec agrément, du beau climat que vous habitez, et que.vous êtes content à la fois de votre séjour et de votre récolte.Vous avez deviné bien juste que, tandis que l’ardeur du soleilvous forçoit encore quelquefois à chercher l’ombre, j’étois réduit