478 CORRESPONDANCE.
discussions si déplacées dans le train d’amusements où je voussuppose, et que le carnaval dont nous approchons va probable-ment rendre plus vifs, qu’il me faudrait de votre part plus qu’unepermission pour oser entamer cette matière dans un moment aussidésavantageux; si vous m’entendez d’avance, comme je puis l'es-pérer ou le craindre, dites-moi, de grâce, si je dois parler ou metaire, et soyez sûre, madame, que dans l’un ou l’autre cas je vousobéirai, non pas avec le même plaisir peut-être, mais avec lamême fidélité.
A M. DD PEYROU.
A Monquin, 7 janvier (770.
Excusez, mon cher bote, le retard de ma réponse. Je ne vous aijamais promis de l’exactitude, encore moins de la diligence; etj’ai maintenant une inertie plus grande qu’à l’ordinaire par larigueur de la saison et par le froid excessif de ma chambre, où,le nez sur un feu presque aussi ardent que ceux que vous faisiezfaire à Trye, je ne puis garantir mes doigts de l’onglée.
J’ai prévu et je vous ai prédit tout ce qui vous arrive au sujetde votre bâtiment, et dans le fond autant vaut qu’il vous occupequ’autre chose ; si c’est un tracas, c’est aussi un amusement. C’estd’ailleurs la charge de votre état : il faut opter dans la vie entreêtre pauvre ou être affairé ; trop heureux d’éviter un troisièmeétat que je connois bien, c’est d’être à la fois l’un et l'autre.
Grand merci, mon cher liote, de la subite velléité qui vousprend de m’avoir auprès de vous. J’ai vu le temps que l'exécutionde ce projet eût fait le bonheur de ma vie; et si ce temps n’estplus, ce n’est assurément pas ma faute. Vous m’exhortez à voustraiter tout-à-fait en étranger ou tout-à-fait en ami : l’alternativeme parait dure, car votre exemple ne m’a pas laissé le choix, etvotre cachet m’avertit sans cesse que nos deux âmes ne sauraientjamais se monter au même ton. Vous voulez que nous fassions unsaut en arrière de trois ou quatre ans ; vous voilà bien leste avecvotre goutte : pour moi, je ne me sens pas aussi dispos que cela ;et quand je pourrais me résoudre à faire ce saut une fois, je vou-drais du moins être sur de n’en avoir pas dans trois ou quatre ansun second à faire. Je vous avoue naturellement que si ce saut étoiten mon pouvoir, je ne le ferais pas seulement de trois, mais dehuit.
Tout .cela dit, je ne vous dissimulerai point que j’effacerai dit-