PRÉFACE. xv
de la hauteur (lu pôle apprirent aux hommes que laTerre étoit ronde : les éclipses de Lune servirent à faireconnoître les longitudes des différens pays de la Terreou leurs distances mutuelles d’occident en orient. Nousne saurions pas, disoit Hipparque ( cité par Strabon )si Alexandrie est au nord ou au midi de Babylone,sans l’observation des climats ; et l’on ne peut savoirsi un pays est à l’orient ou à l’occident d’un autre, sansl’observation des éclipses. On voit par l’alcoran queles voyageurs traversoient les déserts de l’Arabie enobservant les astres : « Dieu vous a donné les étoiles« pour vous servir de guides dans l’obscurité, soit sur« terre, soit sur mer ». Cela est conforme à ce que rap-porte Diodore de Sicile des anciens voyageurs.
La découverte des satellites de Jupiter a donné uneplus grande perfection à nos cartes géographiques etmarines, que n’auroient pu faire dix mille ans de na-vigations et de voyages ; et quand leur théorie seraencore mieux connue, la méthode des longitudes seraplus exacte et plus facile.
L’étendue de la Méditerranée étoit presque incon-nue vers l’an 1600 : on la connoit aujourd’hui aussiexactement que celle de la France. Dans le livre deGemma Frisius de Orbîs THvisione , i53o, on trouve 53°de différence en longitude depuis le Caire jusqu’à To-lède , au lieu de 35° qu’il y* a réellement : les autres dis-tances y sont étendues à proportion. Nous avions en-core 3 à 4 degrés d’incertitude, il y a quelques années,sur l’extrémité de la mer Noire et de la mer Caspienne;et avant 1769 on étoit en erreur d’un demi-degré surla longitude de Gibraltar et de Cadix.
C’est à l’astronomie qu’011 fut redevable des pre-mières navigations des Phéniciens (292) et des pre-miers progrès de l’industrie et du commerce : c’est en-core à elle que nous devons la découverte du Nouveau