sîv PRÉFACE.
et dans les compagnies les plus cultivées. En 1773 efmême en 1788 on parloit de la fin du monde ( Journ.;de Paris i5 mars ).
Les cometes furent sur-tout, comme on le sait, uiide ces grands objets de terreur que l’astronomie a en-fin dissipés, même parmi le peuple. On' est fâclié detrouver des préjugés aussi étranges, non seulementdans Homere ( Iliad . IV, j5), mais encore dans le plusbeau poëme du seizième siecle, où elles peuvent éter-niser la honte de nos erreurs :
Quai con le chiome sanguinose orrendeSplender cometa suol per l’aria adusta,
Che i regni muta, e i feri morbi adduce,
E ai purpurei tiranni infausta luce. Jerus. lib. VII, 5z.
Les charmes de la poésie sont actuellement employésd’une maniéré bien plus philosophique et plus utile jtémoin ce beau passage de Voltaire au sujet des cometes,dans son épître à la marquise du Châtelet :
Cometes, que l’on craint à l’égal du tonnerre,
Cessez d’épouvanter les peuples de la terre;
Dans une ellipse immense achevez votre cours ;llemontez, descendez près de l’astre des jours; ;
Lancez vos feux, volez ; et revenant sans cesse,
Des mondes épuisés ranimez la vieillesse.
C’est ainsi que l’étude approfondie et les progrès dela véritable astronomie ont dissipé des préjugés absur-des , et rétabli notre raison dans tous ses droits. Maisce n’est point à cela seul que se réduit l’utilité de cettescience; elle contribue au bien général dans plus d’ungenre.
On sait assez que la cosmographie et la géographiene peuvent se passer de l’astronomie. Les observations
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