Band 
Tome premier.
Seite
XXIII
JPEG-Download
 

PRÉFACE. xxiij

Pline adresse aussi aux astronomes un bel éloge, lors-qu’il dit, Macte ingenio, este cœliinterprètes, i'er uniquenatures capaccs argumenti repertores quo deos homines-que uicistis. (L. II, C. 12. )

La connoissance des astres a été souvent la source deplusieurs beautés dans les ouvrages des poëtes an-ciens. On voit rarement chez eux cette ignoranceétrange qui déshonore quelques ouvrages modernes :telle est celle du poète qui, parlant des deux pôles,suppose que l’un est le pôle brûlant et l’autre le pôleglacé. (De Jarry, prix de 1714.)

La Fontaine parle de l’astronomie d’une maniérétrès noble quand il dit :

Quand pourront les neuf sœurs, loin des cours et des villes,M’occuper tout entier, et m’apprendre des cieuxLes divers mouvemens inconnus à nos yeux,

Les noms et les vertus de ces clartés errantes ?

Songe d’un habitant du Mogol.

Voltaire, dans une lettre écrite en 1788, sembloit imi-ter les regrets de Virgile et de la Fontaine, ettournertout son goût vers les sciences. Il donna sur la physi-que de Newton un ouvrage qui contribua à en ré]^an-dre le goût, et l’on sait comme il jDarloit de l’auteurdans son Epître à la marquise du Châtelet :

Confldens du Très Haut, substances éternelles,

Qui parez de vos feux, qui couvrez de vos ailesLe trône où votre Maître est assis parmi vous ,

Parlez : Du grand Newton n’étiez-vous point jaloux?

On ne peut comparer à cela que les deux vers de PopeSur le même sujet:

Nature and Nature’s laws lay hid in niglit :

£od Sftid, Let Newton be .... and ail was light.