ASTRONOMIE ÉGYPTIENNE, p 3
268. Diodore, en parlant des habitans de Thebes ou Diospolis,ville de la haute Egypte, qui se prétendoient les plus anciens‘habi-tons de la terre, et les premiers inventeurs de l’astronomie, dit seu-lement: « Il paroît qu’ils avoient observé soigneusement les éclipses,« et qu’ils faisoient des prédictions a ce sujet (^rsp) tvtuv) ». Diodoremême dit clairement qu’ils prédisoient des éclipses (liv. I. tom. 1,p. 119 de 1 edit. franq. ).
Diogene Laerce dit aussi que, depuis le temps de Nilus jusqu’àcelui d’Alexandre, les Egyptiens avoient observé 373 éclipses desoleil et 83 s de lune -, mais il ne dit point où ni comment on avoit faitces observations. Il ne paroît pas qu Hipparque ait fait aucun usagedes éclipses observées en Egypte, dont probablement les temps et lamesure n’avoient point été assez bien déterminés : il ne s’est servique de celles de Babylone (244).
269. Hérodote (liv. II. art. 4) assure que presque tous les nomsdes dieux avoient été transportés de l’Egypte à la Grece. Il paroît eneffet que les noms des constellations venoient des Egyptiens , commenous le dirons dans le livre III, et que les Grecs en lirent seulementl’application à leur histoire.
270. Les Thébains, qui prétendoient avoir découvert l’astrono-mie, comptaient les années de 365 jours, lors même qu’ils eurentobservé la différence ou l’erreur d’un quart de jour qu’il y avoit dansces années ; par ce moyen, il se trouva que le soleil arrivoit à l’équi-noxe tous les quatre ans un jour plus tara.
Ce retardement d’un jour tous les quatre ans produisoit une annéeau bout de 1460 ans (i 534 ), c’est-à-dire qu’il falloit 1461 annéesciviles pour faire 1460 années solaires , en supposant l’année de365 jours 5. Cette période a été appellée dans la suite la grande annéedes Egyptiens, l’année de Dieu, le cycle caniculaire, la période sothi-que ousothiaque w . Cette période commenqoit lorsque Sirius , ou lacanicule, sortait des rayons du soleil, le premier du mois Thoth ou del’année civile (Censorinus , de die natali, cap. 18 , p. 9 5 , edit. 1768.Pétau, Uranologium, p. 54 et io 4 )- Elle est citée dans S. Clémentd’Alex, p. 411. Nous en parlerons plus au long à l’occasion du leverhéliaque de Sirius ( 1 6 o 5 ).
271. La période de 600 ans, qui suppose une plus grande exacti-tude dans les connoissances astronomiques, est citée dans Josephe ;on croit même qu’elle était connue du temps de Bérose : mais cet
(a) Ce nom venoît de XSSir, qnî, sui- chose que Io, ou Isis, fille d’Jjiachus,.tant quelques autçurs, était la même et le symbole de la nature-
\
/