ASTRONOMES ü’a L E X A N D R I E. 111
(les savans, tant de la Grece que d’ailleurs; illes logea dans son palais,leur assigna une subsistance honorable, et leur piocura les moyensde travailler avec succès : le Muséum ou college d’Alexandrie estcélébré dans Strabon (lie. XVII. p. 793). L’émulation qui s’élevapour lors en Egypte, duroit encore au temps de l’invasion des Sarra-sins , l’an 634 'de J. C. (047), quoique les sciences y eussent beau-coup déchu, même dès le temps de Strabon (280).
3 i 5 . Les premiers Grecs qui cultivèrent l’astronomie à Alexan-drie, furent Timocharès et Aristylle. Ptolémée, dans son Alma-geste , assure qu’Hipparque avoit employé leurs observations, quoi-qu’irnparfaites, et avoit reconnu par leur moyen le mouvement desétoiles en longitude (Ptol. VIL 1 , 2 ,3 et i 3 ). Ptolémée lui-mêmecite plusieurs de leurs observations : la plus ancienne est de l’année294 avant l’ere vulgaire. Timocharès vit le bord boréal de la lunetoucher l’étoile boréale au front du scorpion : cette observation estune des meilleures que nous ayons pour connoître le mouvementqu’ont eu les étoiles fixes. Je m’en sms servi avec avantage dans unmémoire , où j’ai établi, tant par la théorie que par les observations,le changement des étoiles en latitude (Mem. Ac. 1 y58).
3 r 6. Aratus , célébré par son poëme grec intitulé, üauvê/j.tvu , lesPhénomènes , vivoit à-peu-près 270 ans avant J. C. à la cour d’ Anti-gone Gonatas, roi de Macédoine, pour lequel il composa cet ouvrage.Aratus décrit les figures des constellations, leurs situations dans lasphere, l’origine des noms qu’elles portoient en Grece et en Egypte,les fables qui y avoient donné lieu, le lever et le coucher des étoiles,d’après les livres d’Eudoxe dont nous avons parlé, et il indique lamaniéré de reconnoître les constellations parieur situation respec-tive , comme nous le ferons dans le livre suivant.
317. Le poëme d’Aratus fut commenté et traduit en latin par plu-sieurs auteurs, dont 011 trouve le catalogue dans le P. Pétau ( Urano-logium, pan. I. p. 148), et dans Vossius ; mais nous ne devons pasomettre Cicéron et Gcrmanicus César, qui en firent l’un et l’autredes traductions latines : il nous reste un fragment de celle de Cicéron.On ne sauroit faire de l’ouvrage un plus brillant éloge qu’en citantde-pareils traducteurs. Ovide parle d Aratus avec admiration :
Cum sole et luna semper Aratus cris.
Et S. Paul même le citoit aux Athéniens, Act. XVII. 28. On trouvesa vie dans le P. Pétau (Uranologium, p. 148), et dans Fabridus(t. IL p. 45 i). M. Pingré a donné la traduction d’Aratus à la suitede celle de Manilius, en 1786.