10:6 ASTRONOMIE, L I V. II.
le plus ancien auteur qui ait parlé du crépuscule, sur lequel il com-posa un ouvrage (21 6 4).
364. L’introduction des caractères indiens pour l'arithmétiquefut aussi le fruit des connoissances des Arabes ou Maures d’Espagne.Avicenne ouSina, qui mourut en io36 (B/b. or. p. 812), est le plusancien auteur qui en ait parlé, quoiqu’ils paroissent avoir été connusauparavant en Égypte (Mont/. Supp. de l’Ant. expi. II, 196). Leplus ancien monument où ces caractères se trouvent employés, estun tableau de cheminée dont parle Wallis ( Algeb. cap. 4), qui estde l’an 1133. Ward , professeur au college de Gresham , assure n’enavoir pas trouvé de plus ancien (Phil. trans. n° 474). L’arithmétiquedécimale, quoiqu’elle fût une suite bien naturelle des chiffres arabes,ne fut donnée que par Regiomontanus , vers l’an 1450 (Wallis Al-geb. praef.).
365. Les sciences pénétrèrent avec le musulmanisme jusques dansla Perse , et de là dans la Tartane et dans les Indes : il nous en resteun monument précièux dans les ouvrages d'Unm-BEO , ou Ulug-Beigh, qui étoit petit-fils du grand Tamerlan , et qui vers l’an i 43 orégnoit dans la BacllLane ■ h Capitale (le son empire étoit Samar-Kande, située à 39° ?>j' 23" cle latitude, et 6° à l’orient de la mer Cas-pienne ; sa domination s’étendoit sur les deux rives du fleuve Oxusou Gihon, qu’on appelle aussi Gilhus.
366 . Ulug-Beg rassembla dans Samarcande des astronomes dedifférens pays, et sur-tout de la Perse : il fit construire des instru-mens propres à déterminer les inouveinens célestes mieux qu’on nel’a voit fait; il observoit lui-même avec ses mathématiciens , et n’é-pargnoit rien pour se procurer en astronomie de nouvelles connois-sances. Gravius, dans la préface des tables géographiques d’Ulug-Beg, qu’il publia en 1 7 21 à Oxford , raconte qu’il avoit oui dire à desastronomes de Gonstantinople, qui le tenoient d’astronomes persansdignes de foi, que parmi les bons instrumens que ce prince avoit faitfaire, il y avoit un quart-de-cercîe aussi haut que la voûte du templede Sainte Sophie à Gonstantinople, c’est-à-dire 180 pieds romains ;il y a lieu de croire que c’étoit un gnomon , semblable à ceux de Flo-rence , de Bologne, etc. (2286).
Llug-Beg composa aussi des tables astronomiques, pour le méri-dien de Samarcande, tant sur ses observations, que sur celles deSalaheddin al Roumi, qui en avoit formé l’entreprise : on dit queces tables étoient si exactes, qu’elles différoient peu de celles de Ty-cho-Brahé (d’Herbelot, page 936)..
367. Le principal ouvrage de ce prince est un célébré catalogue