204 astronomie, liv. III.
l’enseigne ou le nom d’un vaisseau, sur lequel Europe fut enlevée
f iar des marchands crétois. On a dit encore que c’étoitla vache donto avoit reçu la forme -, et l’on a expliqué cette fable en disant qu’Io,ou Isis, avoit enseigné l’agriculture aux Egyptiens, et par reconnois-sance avoit été déifiée sous la figure d’une vache, symbole de l’agri-culture (Voyez aussi l’art. Le Taureau étoit le premier clés
signes, dans ce que nous appelions le régné fabuleux : il annonqoitle commencement de l’année (161 3 ). C’est sur lui que furent faites,suivant M. Dupuis, les fables de Bacchus aux cornes de bœuf, d’O-siris, d’Io et d’Europe (p*. 98 et i 53 ). Il en est de même de Pasiphaéamoureuse du Taureau-, car Plutarque nous dit que c’étoit une des-Atlantidcs; c’est-à-dire des Pléiades, et mere d’Ammon, c’est-à-diredu Belier, qui se dégageoit des rayons du soleil quand les Pléiadesy entroient. C’est ce Taureau que les Egyptiens adoroient sous lenom d’Apis, les Juifs sous l’image du veau d’or, et que les Persesinvoquent encore aujourd’hui dans toutes leurs prières.
Comme le Taureau se leve lorsque le Serpent se couche, M. Du-puis explique d’une maniéré heureuse cette ancienne énigme, quele Dragon engendre le Taureau , et que le Taureau engendre le Dra-gon (p. 221). Le Taureau équinoxial a été adoré chez tous les peu-ples du monde (p. 104 ) -, il étoit l’emblème de la création (p. 100) ;c’ est par lui que commence le voyage de Bacchus dans les Dionysiaquesde Nonnus (p. 107). Il explique aussi le dixième travail d’Hercule,où il s’agit de la conquête des vaches de Géryon, par l’arrivée dusoleil au Taureau, ou par le lever de la grande Ourse , où l’on metloitaussi les bœufs d’Icare (p. 2 44 )*
597. Les Pléiades sont des étoiles situées sur le cou du Taureau ;les anciens les plaçoient sur la queue. On a tiré leur nom de nxfiv,qui signifie naviguer, pareequ’au printemps , et vers le temps de leurlever héliaque, on cominençoit les grandes navigations ; mais M. deLainbre juge qu’il vient de Trxwac , pluralité. Les poètes disent qu’el-les étoient filles d’Hespéris et d’Atlas, c’est pourquoi on les appelleHespétides ou Atlantidcs. Les Hyades étoient aussi filles d’Atlas. M..Dupuis explique cette génération parle coucher d’Atlas, ou du Bou-vier, qui arrivant au couchant fait lever les Hyades et les Pléiades ;et il paroit parThéon {ad AratiPhaen. p. i 32 ), que cette générationétoit regardée par les anciens comme une fable cosmique. Jupiterles ayant aimées, et les voyant poursuivies par Orion , les plaça dansle ciel pour les soustraire aux poursuites de son rival-, la constella-tion d’Orion suit eu effet les Pléiades.
Les noms des sept étoiles principales des Pléiades sont Alcjone ,