DES NÉBULEUSES. 27 1
Aristote regardoit la voie lactée comme un météore placé dans lamoyenne région {Arist. Meteor. 1, 8 ; Plut, de Plac. Philos. Macrobe,I, i5; Cæsius, p. i5).
833. Cependant Démocrite avoit dit plus anciennement que lablancheur de cette trace céleste devoit être produite par une multi-tude d’étoiles, trop petites pour être apperçues distinctement; c’étoitle sentiment de Manilius, qui, après avoir raconté les fables desanciens, ajoute plus philosophiquement :
Anne magis densâ stellarum turba coronâContexit flammas, et crasso lumine candet,
Et fulgore nitet collato clarior orbis? Man. I, 753.
Jusqu’ici avec les plus grands télescopes on ne distinguoit pas assezd’étoiles, et elles n’y paroissoient pas assez rapprochées les unés desautres, pour qu’on pût attribuer à celles qu’on distinguoit toute lablancheur de la voie lactée, si sensible à la vue simple ; cela m’avoitfait penser qu’il y avoit dans l’immensité du ciel une matière lumi-neuse éparse qui produisoit les nébuleuses (835), et qui formoit enpartie la blancheur de la voie lactée. Cependant M. Herschel envoit avec son grand télescope un si grand nombre, qu’il est persuadéqu’elles sont la cause de cette blancheur ( Phil. Trans. 1784, p.446). Il en a apperçu 5oooo dans un espace de 15° de long sur 2 0 delarge.
834. La voie lactée fait à-peu-près un grand cercle de la sphere,comme Aratus l’avoit déjà remarqué ; elle coupe l’écliptique vers les
È oints solstitiaux, et s’en écarte d’environ 6o° au nord et au midi.
Ile traverse Cassiopée, Persée , le Cocher, le bras d’Orion , les,pieds des Gémeaux, le grand Chien, le Navire, et c’est là qu’est saplus grande lumière : elle passe ensuite par les pieds du Centaure,la Croix, le Triangle austral ; de là retournant vers le nord par l’Au-tel, la queue du Scorpion, l’arc du Sagittaire, elle se divise en deuxbranches, traverse l’Aigle, la Fléché, le Cygne, le Serpentaire, latête de Céphée, et revient à la chaise de Cassiopée. Cette trace estdécrite en vers dans Manilius (II, 682).
835. De même que la voie lactée forme une blancheur autour duciel, il y a dans d’autres parties, où la voie lactée ne s’étend pas, depetites blancheurs, qui, à la vue simple, ressemblent à des étoilespeu lumineuses, et qui dans le télescope font une blancheur large etirrégulière, dans laquelle on ne distingue point d’étoiles ; quelquesunes sont des espaces mêlés de cette blancheur et de petites étoiles.Il y en a d’autres qui, dans la lunette, ne paraissent autre chose que