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Tome second.
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DES PHASES DE LA LUNE. l53

voir toute la rondeur de la Lune, et c’est ce qu’on appelle la lu-mière CENDRÉE.

La Terre réfléchit la lumière du Soleil vers la Lune, comme laLune la réfléchit vers la Terre : quand la Lune est en conjonctionpour nous avec le Soleil, la Terre est pour elle en opposition ; c’estproprement pleine terre pour l’observateur qui seroit dans la Lune,comme dit Hévélius -, et la clarté que la Terre y répand est telle quela Lune en est illuminée beaucoup plus que nous ne le sommes parun beau clair de Lune qui nous fait appercevoir tous les objets. LaTerre étant bien plus grosse queda Lune, la lumière que la Terre yrépand doit être bien plus grande que celle qu’elle en reçoit ; il n’estdonc pas étonnant que la Lune puisse la réfléchir jusqu’à nous , etque cette lumière nous fasse voir la Lune. Nous l’appercevrionstoute entière lorsqu’elle est en conjonction, si le Soleil, que nousvoyons en même temps, n’absorboit entièrement cette lueur terrestreréfléchie sur le globe lunaire., et n’empêchoit alors de voir la Lune;mais quand la Lune est un peu plus éloignée du Soleil, qu’il estcouché, et le crépuscule presque fini, nous appercevôns très distinc-tement la lumière cendrée.

Les anciens eurent beaucoup de peine à expliquer la cause decette lumière secondaire : les uns l’attribuoient à la Lune même, outransparente, ou phosphorique ; les autres aux étoiles fixes ( Rie -cio//, Almag. novum , 1 , 199). Képler assure queTychol’attribuoit àla lumière de Vénus, et que Moestlinus, dont Képler se déclarait ledisciple, fut le premier qui expliqua en 1596 la véritable cause decette lumière cendrée ( Astr . pars optica, pag. 254). Il y a des Ita-liens cpii attribuent cette explication à Leonardo da Vinci , célébrépeintre toscan, mort en i5i8; et le P. Frisi m’a assuré qu’elle setrouve dans un de ses manuscrits sur les rivières, que l’on conserveà Londres. Galilée en donna la même explication (SidereusNuncius ,1610, pag. 26), comme l’ayant trouvée depuis plusieurs années.Hévélius observa beaucoup cette lumière ( Selenog . 288, 400).

La lumière cendrée paraît beaucoup plus vive quand on se placede maniéré que quelque toit cache la partie lumineuse de la Lune ,qui efface un peu la lumière secondaire ; celle-ci est suffisante alorspour nous faire distinguer les grandes taches de la Lune, telles quela mer des crises (figure 282), sur-tout vers le troisième jour dela Lune , et le matin aux environs de l’équinoxe du printemps.

Quoique la lumière cendrée doive aller en diminuant, du jourmême de la nouvelle Lune, c’est cependant vers le troisième jourqu’elle est le plus sensible pour nous, pareeque la Lune est alorsTome IL V