'448
A S T R 0 N O M I * j’ t I V. X ÏJ,
LIVRE ONZIEME.
DES PASSAGES
DE VÉNUS ET DE MERCURE
SUR LE SOLEIL.
Vix» s et Mercure, qui tournent autour du Soleil à une moindredistance que la Terre {an. 1088), se trouvent entre nous et le Soleil,à chaque révolution synodique ; et si ces planètes n’ont alors que peude latitude, on voit sur le Soleil une tache noire et ronde, dont lalargeur paroît occuper environ la trentième partie de celle du Soleil,si c’est Vénus; et seulement la i5o e partie , si c’est Mercure.
2000. Averrhoès crut avoir apperçu Mercure sur le Soleil; mais'Albategnius, et Copernic (ÛV. II, c. ro) , ne pensoient pas qu’il fûtpossible de l’y voir, à la vue simple ; et ils avoient raison. Képlercrut aussi avoir apperçu Mercure sur le Soleil, à la vue simple; maisil reconnut ensuite que ce ne pouvoit être qu’une tache du Soleil : ils’en trouve quelquefois d’assez grosses pour qu’on puisse les entre-voir sans lunettes. Galilée assuroiten avoir vu , et les avoir montréesà d’autres, à la vue simple ; et nous en citerons des exemples (3235).Mais à l’égard de Mercure qui n’a que 12" de diamètre, quand il estdans sa conjonction inférieure, il est impossible qu’on l’ait jamaisapperçu sur le Soleil, sans le secours des lunettes : c’est tout ce quel’on pouvoit faire, en 1761, que d’y appercevoir Vénus, qui avoit58" de diamètre ( 13^ 1, 2157); je n’oserois même assurer qu’onl’ait apperçue à la vue simple. Gassendi nous assure que plusieursfois, et entre autres le 10 septembre 1621, il n’a pu voir des taches
3 ui, mesurées avec des lunettes, avoient une minute et un tiers deiametre. Cependant ceux qui ont bonne vue les voient avec desimples verres noirs, quand le ciel est bien pur : mais il n'est pasétonnant qu’avant la découverte des lunettes, on n’eût jamais ob-servé Mercure, ni même Vénus, sur le Soleil.
2001.;