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Tome second.
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5 l 4 ASTRONOMIE, LIV. XII.

stjce d’hiver, n’étant élevé que de io° 37' à Uranibourg , dont lalatitude est de 55 ° 64', ce qui donne 4' 56" de réfraction. Cette expli-cation étoit d’accord avecles démonstrations del’optique ; cependantTyclio avoit peine à se persuader que cette réfraction fût assez fortepour produire une si grande erreur ; il concluoit de ses observationsqu’il devoity avoir au moins 9' de réfraction (a) à la hauteur de 11°;c’est pourquoi Tyclio fit faire entfire des artnilles de dix pieds dediamètre, dont l’axe répondoit exactement au pôle du inonde , etavec lesquelles il mesurait la déclinaison dés astres hors du méri-dien ; il reconnut alors que, même en été , la réfraction , quoiqueinsensible à la hauteur méridienne du Soleil, devenoit sensible prèsde l’horizon , et que l’effet alloit à un demi-degré.

2167. Tycho crut que la réfraction du Soleil devenoit nulle à 4 5 0de hauteur, et celle des étoiles à 20°, quoiqu’à cette hauteur ellesoit de 2'j; cette erreur subsista long-temps ; Riccioli, même eni665, supposoit encore que les réfractions n’avoient plus lieu au-delà de 2 6° de hauteur , ou environ ; qu’il n’y avoit que 29' de ré-fraction horizontale pour la Lune en été , 3o pour le Soleil, et 3o f27" pour les étoiles. Astr. ref. tabul. png. 47.

2168. Ce fut Cassini qui, vers l’an 1655, entreprit de former unenouvelle table de réfractions, en même temps que les nouvellestables du Soleil, et qui parvint à représenter les observations avecune précision beaucoup plus grande qu’on ne l’avoit fait avant lui( 509 , 1716). Mais pour éprouver la justesse de sa nouvelle tablede réfractions , Cassini souhaita d’avoir des observations du Soleilfaites au zénit, où tout le monde convenoit qu’il n’y avoit point deréfraction -, il pensa que si ces observations étoient beaucoup mieuxreprésentées par ses nouvelles tables du Soleil que par telles deTycho , il n’y aurait plus de doute que ses tables du Soleil et cellesdes réfractions ne fussent préférables, représentant mieux les obser-vations faites, et dans les cas où il y a réfraction , et dans ceux où iln’y en a point.

Louis XIV et Colbert, dont le zele pour les sciences étoit déjàconnu , laissoient à l’académie le choix des entreprises : elle jugeaqu’il n’y avoit point de lieu plus commode pour de pareilles obser-vations que l’isle de Cayene, qui est à 5° de l’équateur , et où laFrance envoyoit des vaisseaux plusieurs fois l’année. Les hauteursméiidiennes du Soleil dévoient être, en tout temps, exemptes deréfraction , si elle étoit nulle au-dessus de 45° -, car la plus^petite

(a) 11 n’y a réellement que 4* 56 u ; mais Tycho en augmentoit l’efTet par laparallaxe du Soleil, qu’il supposoit de 2' 5o " à cette hauteur ( 17x2 ).