652 ASTRONOMIE, LIV. XII I.
encore assez constaté ; les huiles qu’on est obligé d’employer suf-fisent , par leur altération, pour empêcher une semblable précision.M. le comte de Brühl, grand amateur et parfait connoisseur en hor-logerie , m’a fait voir à Londres le journal de la marche de deuxpendules de Mudge, un des plus célébrés horlogers de Londres:dans l’une il y avoit une demi-seconde par jour de l’hiver à l’été,et dans l’autre une seconde; M. Aubert a une pendule de Shelton,qui varie aussi de près d’une seconde par jour dans les saisonsextrêmes. Picard , en 1671 , avoit une horloge qui ne s’écartoit pasde 1" en deux mois ( Voyage d’Uranibourg, art. vij ). Mais quelleque fût dès ce temps-là l’habileté des horlogers de Paris, on nepouvoit avoir une semblable exactitude que par un hasard bien sin-gulier, ou une égalité de température qui est fort rare; actuellementî’exactitude de nos horloges est une suite nécessaire des principessur lesquels elles sont construites; mais elle ne va pas aussi loin.M. Emery a bien vu deux horloges battre la même seconde pendanttrois mois , mais elles étoient très voisines , et probablement le plan-cher transmettoit les vibrations.
Lorsqu'on aura perfectionné les horloges à pendule, au pointd'être assuré d’une ou deux secondes par année , on aura peut-êtreun moyen de rechercher les petites inégalités de la rotation de laTerre (949).
2466. Lorsqu’un astronome est seul pour compter les secondesen observant, il est bon , pour ne pas se tromper , de regarder lecadran des secondes avant et après l’observation. Il est encore im-portant de s’accoutumer à compter si aisément, qu’on puisse mar-cher , observer, écrire, et même parler, sans cesser de compter lessecondes , et sans s’y tromper.
2467. Lorsqu’on a une horloge dont l’échappement a peu dechute, et qui fait trop peu de bruit pour qu’on puisse en entendreles vibrations d’un peu loin , il faut nécessairement avoir un comp-teur ou valet , c’est-à-dire une espece d’horloge à timbre , composéegrossièrement d’un pendule à secondes et de trois roues. La rouequi porte la poulie du poids engrene dans la roue d’échappement;l’arbre de l’échappement porte une autre roue garnie de chevillesdes deux côtés ; ces chevilles lèvent alternativement de chaque côtéla queue d’un des marteaux des secondes ; cette roue porte sur sonplan un coq ou un bras, qui à chaque tour , c’est-à-dire à chaqueminute, rencontre la queue du marteau des minutes qui frappe surun second timbre, et, par ce coup double, avertit que la minutecommence : c’est ainsi que l’on peut compter de loin les vibrations