OBSERVATIONS A LA LUNETTE SIMPLE. 66l
celle qui auroit eu lieu si ces deux cornes avoient ?té observées aumême instant, ou qu’elles eussent été slationaires , et à même dis-tance l une de l’autre , pendant tout l’intervalle de temps qu’il y aeu du passage de la première à celui de la seconde.
Quand on a trouvé la distance des centres et 1 angle que fait cetteligne avec le cercle de latitude, par le moyen de l’angle parallac-fique, on peut en conclure la différence de longitude et de latitudeapparente entre la Lune et le Soleil (2i3o), et enfin la conjonctionvraie avec la latitude vraie au moment de la conjonction ( 1976).
2487. Pour observer le commencement et la fin d’une éclipse deSoleil ou d’étoile parla Lune, on choisit les plus longues lunettes,qui sont communément celles de 18 pieds, ou les lunettes acroma-tiques de 3 pieds , et les télescopes de 2 pieds de foyer; on ne sau-roit examiner avec trop d’attention cet instant unique où le Soleilcommence à paroître entamé, celui où il cesse de l'être; le momentoù une étoile disparoît, et celui où elle sort comme un éclair dedessous le disque de la Lune ; on en conclut ensuite le temps de• la conjonction ( 1971 ).
2488. Les éclipses annulaires, sont celles qui offrent les phéno-mènes les plus singuliers; Maclaurin , en rapportant l’observationqu’il fit de l'éclipse annulaire de iy 3 7 ( Philos. Trans. n°. 447 ) , as-sure que la plupart de ceux qui observèrent cette éclipse avec deslunettes, apperçurent, lorsque l’anneau se ferma , et que la Lune setrouva entièrement surle Soleil, une lumière partagée en différentestaches irrégulières proche du point de contact; que le bord de laLune y parut dentelé, que ces parties irrégulières y paroissoient enmouvement; que quand les deux disques se touchèrent, ils sem-blèrent s’entremêler et couler l’un dans l’autre , comme deuxgouttes d’eau qui se rencontrent et se rassemblent; Maclaurin i 5 "avant que l’anneau se fermâj:, apperçut comme un point de lumière,
f )âle, mais fort sensible, près du bord de la Lune, quialloit touchere Soleil; et ce point lumineux parut jeter deux rayons vers les cornesde la Lune à l'instant où 1 anneau se ferma : le lord Alberdour vitune ligne étroite de lumière sur le bord obscur de la Lune, soitavantque l’anneau se fermât , soit après que le bord de la Lune eût passéau-delà du Soleil.
Ces phénomènes devroient, ce semble , avoir lieu toutes les foisque l’on observe le commencement d’une éclipse de Soleil; il nefaudrait que s’y bien préparer, et ils nous avertiraient probablementde l’instant si difficile àsaisir,où l’éclipse va commencer; cependantje ne crois pas que jusqu’ici aucun astronome ait jamais observé le