66l ASTRONOMIE, L I V. XIV.
véritable commencement d’une éclipse de Soleil; comme l’on nesait qu'à-peu-près le point où le Soleil va paroitre entamé, on n’yapperçoit l’impression de la Lune , que lorsqu’elle est déjà au moinsde deux secondes.
2489. On peut conclure plus exactement le moment où Uneéclipse a commencé, par la distance des cornes mesurées quelquesinstans après le commencement, pourvu que l’on sache par le calculcombien la Lune se rapproche du Soleil en une minute de temps.Cette distance des cornes augmente fort rapidement; car si les dia-mètres sont de 32', elle est de i f 27" , aussitôt que la Lune anticipeseulement de 2" sur le disque du Soleil, ce qui arrive à-peu-près en4 secondes de temps, plus ou moins.
2490* Les appulses delà Lune aux étoiles dont elle approche,peuvent s’observer comme les éclipses de Soleil, ou par des dis-tances répétées de l’étoile à un des bords de la Lune, ou par des dif-férences d’ascension droite et de déclinaison ( 25o5). Il en est demême des conjonctions des planètes avec les étoiles. Les observa-tions d’une éclipse ou d’une conjonction doivent toujours se réduirepar le calcul, à trouver un grand nombre de fois le temps de la con-jonction, et la latitude au temps de la conjonction ( 1971,2163 ),afin de comparer les tables avec l’observation , et de trouver les dif-férences des méridiens des pays où l’observation aura été faite; carce sont-là les avantages de ces sortes d’observations.
Nous avons parlé fort en détail de l’observation des passages deVénus et de Mercure sur le Soleil (2116).
2491. Les observations des satellites de Jupiter se font commu-nément avec des lunettes ordinaires de 18 pieds, ou des lunettesacromatiques équivalentes ; il serait inutile d’y en employer de pluslongues, cela produirait un défaut de correspondance, entre lesdif-férens observateurs, qui ne compensejoit pas le petit avantage devoir les immersions plus tard, et les émersions plutôt : la plupart desastronomes n’ayant pas de plus longues lunettes, il convient, cesemble, quant à présent, de s’assujettir à l’usage ordinaire.
Nous expliquerons ( 3o54,3009 ) la maniéré de savoir à quel en-droit est le satellite dont on veut observer une éclipse. Avant l'im-mersion d’un satellite on le voit diminuer peu à peu; lorsqu’on estbien assuré qu’il ne paraît plus, on quitte la lunette, si l’on est seuleu comptant zéro , une , deux , etc., jusqu’à ce qu’on soit arrivé àl’horloge ; alors on soustrait ce qu’on a compté de secondes depuisle moment où le satellite a disparu , et l’on a le moment de l'im-mersion.