SI 6 ASTRONOMIE, LIV. XIX.
3087. Les anciens n'ont parlé communément de la grandeurdes cometes qu’en faisant attention au spectacle de leur queueou de leur chevelure ; nous en parlerons plus bas ( 0208 ) : ce-pendant il y a des cometes dont le diamètre apparent sembleavoir été très considérable, indépendamment de la queue. Aprèsla mort de Démétrius, roi de Syrie (146 ans avant J. C. ), ilparut une comete qu’on a prétendu avoir été aussi grosse que leSoleil ( Sen. VU , i 5 ). On a porté l’exagération jusqu’à dire quecelle qui parut à la naissance de Mithridate , i 3 o ans avant J. C.,xépandoit plus de lumière que le Soleil, et qu’elle sembloit em-brasser tout le ciel ( Justin , /. ’ij ).
La comete de 1006 ( rapportée par erreur à l’an 1200 dansquelques livres ), et qui fut observée par Haly Ben-Rodoan ( Card.
4 Aslr. I. 2 , c. 9 ) , étoit quatre fois plus grosse que Vénus , et jetoitautant de lumière que le quart de la Lune pourrait faire ; cettecomete paraît être la même que celles de 1682 et 1769 (3182).
3 0 88 . Cardan dit à-peu-près la même chose des cometes de11 52 1 et i 556 ( de Variet. I. 14 ). Nous n’avons rien de bien déter-miné sur la grandeur apparente des cometes avant celle de 1677 ;son diametreapparent, suivantTycho , étoit de 7', c’est-à-dire,selonlui, le double du diamètre de Vénus ; mais il faut rabattre beau-,coup de ces sortes de mesures ( 1390 ).
Differentes opinions sur les Cometes.
3089. Après avoir parlé des principales circonstances qui ontrendu les cometes remarquables, je vais parler des différons sys-tèmes auxquels elles ont donné lieu. Il y a eu de tout temps desphilosophes persuadés que les cometes étoient des planètes dont lemouvement devoit être perpétuel et les révolutions constantes ;Anaxagore , Démocrite et quelques disciples de Pythagore mettoientles cometes au nombre des astres errans ( Arist. Meteor. 1 . 1 , c.6 ; Plut, de Plac. phil. 1 . 3 , c. 2 ) ; mais ils mêloient à cela desidées absurdes. Les Chaldéens admettoient le retour périodique descometes (Sen. Quaest. nat. 1 . 7 , c. 3 ; Stob. Ecl. phys. 1 . 1 , pag.63 ), et même les Egyptiens ( Diod. sic. 1 . 1 ) ; cependant Etrdoxeneparloit point dans ses ouvrages de ces connoissances des Egyptiensà cet égard (Sen. ibid. ). Plusieurs philosophes grecs regardèrentles cometes comme de véritables astres ; tels furent Apollonius leMvndien , Hippocrate de Chio , AEschyle, Diogene , Phavori-nus, Artemidore, Démocrite, qui, au jugement de Cicéron ( Tus cul,
1. v),