DES COMETES. 217
ï. v) et de Séneque ( Quaest. nat. lib. vu), fut le plus subtil detous les anciens philosophes. On peut voir, au sujet des systèmesanciens , Pline , II, q.5 ; Arist. Meteor. 1,6 ; Plutarque , de P/ac.Pkil. III , a ; Aulu-Gelle, XIV, i ; Sen. VII, i3 ;. Riccioli, Alm.II, 35 ; ce que j’ai dit dans les Mém. de 1709 ; et M. Pingré ,tom. /, pag. 3 6 et suiv.
3090 . Mais on doit sur-tout à Séneque ce témoignage qu’aucunauteur 11 ’a parlé des cometes d’une maniéré aussi sublime que luidans le VII e livre de ses questions naturelles. Un astronome auroitpeine à s’exprimer aujourd’hui d’une maniéré plus conforme à lavéritable physique. «On a cru, dit-il, que les cometes n’étoient« point des astres, parcequ’elles n’ont pas la rondeur des autres« corps célestes ; mais ce n’est que la lumière qu’elles répandent« qui produit cette figure alongée ; le corps de la comete est ar-« rondi. Je suppose encore ^qu’elles aient une autre figure que« les. planètes : s’ensuit-il qu’elles soient d’une nature différente?« La nature n’a pas tout fait sur un modèle unique, et c’est ignorer« son étendue et sa puissance que de vouloir’rapporter tout à la« forme ordinaire ; la diversité de ses ouvrages annonce sa gran-« deur. On ne peut point encore connoître leur cours , et savoir si« elles ont des retours réglés , parceque leurs apparitions sont trop« rares; mais leur marche, non plus que celle des planètes , n’est« point vague et sans ordre , comme celle des météores qui seraient« agités par le vent. On observe des cometes de formes très diffè-re rentes ; mais leur nature est semblable , et ce sont en général« des astres qu’on n’a pas coutume de voir, et qui sont accompagnés« d’une lumière inégale. Les cometes paraissent en tout temps et*< dans toutes les parties du ciel, mais sur-tout vers le nord (a) :« elles sont, comme tous les corps célestes, des ouvrages éternels« de la nature. La foudre et les étoiles volantes et tous les feux de« l’atmosphere sont passagers et ne paraissent que dans leur chiite;« les cometes ont leur route qu’elles parcourent; elles s’éloignent,«_ mais ne cessent point d’exister. Vous prétendez que si c’étoient« des planètes elles se trouveraient dans le zodiaque : et qui donc« a fixé dans le zodiaque les mouvements des corps célestes? qui« peut assigner ainsi des limites aux ouvrages divins? le ciel n’est-ilce pas libre de tous côtés? N’est-il pas plus convenable à la grandeur
(a) Cela doit être, pareequ’y ayant du côté du nord une plus grande partiedu ciel que nous voyons toujours, les cometes qui s’y trouvent peuvent s’ap-percevoir à toute heure de la nuit, et dans toute la circonférence de leur pa-rallèle diurne.
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