VJO ASTRONOMIE, L I V, XIX.
de place , nous fait voir, sous une forme irrégulière et bizarre , des
mouvemens qui sont en eux-mêmes très réguliers,
3'2o3. K-épler reconnut très bien clans les cometes l’effet de la pa-rallaxe annuelle; et, dans son Traité des cometes, il dit qu’ayantsupposé le mouvement de celle de 1618 dans une ligne droite, avecune diminution uniforme, on reconnoissoit l’effet du mouvementde la Terre , soit sur la longitude , soit sur la latitude de la cotnete( pag.yx ), et que le mouvement qui parut tortueux, ne pou voit le pa-roître qu’à raison de celui de la Terre ( pag. 97 ) ; il termine mêmeson premier livre en disant: Autant qu'il y a de cometes dans leciel, autant il y a de preuves du mouvement de la Terre autourdu Soleil, indépendamment de celles que l’on tire du mouvementdes planètes.
Il faut pourtant avouer que Tycho auroit pu nous faire une ré-ponse à laquelle il ne paroit pas avoir song i ; c’est que si les cometestournoient autour du Soleil, et étoient emportées avec lui autour dela Terre par un mouvement annuel, comme les planètes , on expli-querait toutes les apparences de même qu’avec le mouvement de laTerre. Mais quoique cela soit vrai astronomiquement, il y a tou-jours une absurdité physique , àlaquellc on ne saurait sc prêter, defaire tourner le Soleil, accompagné d’un si grand nombre d’astres ,autour d’un petit corp6 comme la Terre,
3204. Lacomete de 1729, que Cassini observa pendant plusieursmois, après avoir fait plus de 1 5 ° vers l’occident, se courba subite-ment pour retourner vers l'orient; ce qui montrait d’une maniéréfrappante l’effpt de la parallaxe annuelle. Celle qui lut apperçue le 8janvier 1760 près de x d’Orion , fit autant de chemin du 8 au 9en un seul jour qu’elle en fit dans les trois jours suivans du 9 au 12,suivant les observations que nous fîmes tous à Paris. Une semblableinégalité marque bien sensiblement l’effet de la parallaxe annuelle.Il pouroit arriver des cas où cet eflet serait bien plus grand : si unecorne te rétrograde, et dont la distance à la Terre serait égale à la dis-tance moyenne de la Lune, se trouvoit périhélie et en opposition ,elle auroit 1 40" de mouvement par heure : il pourrait arriver parlaqu’on vît cette comete aller depuis l’horizon jusqu’au zénith en moinsde trois quarts d’heure , et employer ensuite plus de quatreheures à gagner l'horizon occidental ( La Caille Mém. 1760).
Les inégalités dont je viens de parler sont purement apparentes;mais je dois dire un mot d’une autre irrégularité qu’on a reconnueen 1759 , et qui affecte le mouvement réel et intrinsèque de toutesles cometes dans leurs ellipses", c’est l'attraction des autres corps