ROTATION DES PLANETES. 279
extrême impatience et en rêvant sur ce que pouvoit être cette tache:si elle est clans le Soleil, disois-je, on la reverra sans doute; si ellen’est pas dans lé Soleil, son mouvemenlla rendra invisible : enfin je larevis dès le matin avec un plaisir incroyable ; mais elle avoit un peuchangé de place, ce qui augmenta notre incertitude. »
cc Cependant nous imaginâmes de recevoir les rayons du Soleil
{ )ar un petit trou, dans une chambre obscure , et sur un papier>lanc , et nous y vîmes très bien cette tache en forme de nuagealongé. Le mauvais temps nous empêcha de continuer ces observa-tions pendant trois jours. Au bout de ce temps-là nous vîmes la tachequi toit avancée obliquement veis l'occident. Nous en apperçûmesune autre, plus petite, vers le boid du Soleil, qui, dans l’espace depeu de jours , parvint jusqu’au milieu ; enfin il en survint une troi-sième : la premieie disparut d’abord , et les autres .quelques joursaprès. Je flotlois entre l’espérance et la crainte de ne pas les revoir;mais, dix jours apiès, la premieie reparut à l’orient. Je compris alorsqu’elle (aisoit une révolution ; et, depuis le commencement de 1 an-née, je me suis continué dans celle idée, et j’ai fait voir ces taches àd’autres cpii en sont persuades comme moi. Cependant j’avois undoute qui ni empêcha d’abord d’écrire à ce sujet, et qui me faisoitmême lepeniir du temps que j’avois employé à ces observations. Jevoyois que ces taches ne conservoient pas entre elles les mêmes dis-tances, qu’elles changement de forme et de vitesse; mais j’eus d’au-tant plus de plaisir loisque j’en eus senti la raison. Comme il est vrai-semblable, par ces observations, que les taches sont sur le corpsmême du Soleil, qui est sphérique et solide , elles doivent devenirplus petites , et ralentir leur mouvement lorsqu’elles arrivent sur lesbords du Soleil .»
« Nous invitons les amateurs des vérités physiques à profiter del’ebain lie que nous leur présentons. Ils soupçonneront sans doute quele Soleil a un mouvement de conversion, comme l’a dit Jordan Bruno (a> ,et, en dernier lieu, Kepler, dans son livre sur les inouvemensde Mars; car, sans cela , je ne sais ce que nous ferions de cestaches. Je ne suis pas d’avis que ce soient des nuages; je ne suis pasnon plus de l’avis de ceux qui ont placé les cornetes dans le Soleil,comme des émissaires destinés à y revenir bientôt : j’aime mieux metaire sur Lout cela que de parler au hasard; je suis même tenté deregarder ce mouvement du Soleil comme la causeries autres mouve-mens célestes , suivant les paroles d’Aristote , qui dit, dans ses pro-ta) C’est celui qui fut brûle, comme convaincu d’athéisme ou d’irréligion, enj 600.