ROTATION DES PLANETES. ^8l
les regardent alors comme des planètes tournant autour du Soleil àune petite distance, ainsi que Mercure et Vénus (a) . Galilée le réfute,quoiqu’en lui donnant beaucoup d’éloges et le traitant de génie su-»bliine (pag. 28) : il observe que ces taches ne sont pas permanentes;qu’elles se condensent ou se divisent, s’augmentent et se dissipent.Il les compare à des fumées ou à des nuages ; quelquefois , dit-il, ily en a beaucoup, quelquefois point du tout.
Il pense qu’elles sont à la surface du Soleil ; qu’elles n’ont pas dehauteur sensible ; qu’elles décrivent toutes des cercles parallèles entreeux, quoiqu’il y en ait quelquefois une trentaine à la fois; que le So-leil, en tournant chaque mois, les ramene-à notre vue ; qu’il y en a quidurent un ou deux jours, d’autres trente ou quarante et plus;qu’elles se rétrécissent et se rapprochent les unes des autres sur lesbords du Soleil, sans changer de longueur ou de distance du nord ausud , et que ce rétrécissement est celui des différentes parties d’unglobe vu de loin. Galilée y parle des pôles de la rotation du Soleil :mais il n’avoit pas encore remarqué la différence de 7° qu il y a entreces pôles et ceux de l’écliptique, et il croyoit que l’écliptique mêmeétoit le plus grand cercle de leur conversion.
3236: Pans sa lettre d 1114 août 1612, Galilée observe que les taches nes’écartent pas de plus de 3 o° de l'équateur solaire, ce qui a été confir-mé par la plupart des observations, quoique j’en aie vu au-delà (32 3 6 ).il y donne la maniéré d’observer les taches en recevant sur un
Î japier l’image du Soleil au travers d’une lunette (2481). Ilajoutequess plus belles taches se voient sans iustrumens , en faisant entier parun petit trou l’image du Soleil dans une chambre obscurcie, ce qu’ilavoit fait sur-tout le 20 août 1612. Il explirjue , parles taches du So-leil , le prétendu passage de Mercure sur le Soleil dont il est parlédans la vie de Charlemagne (3282).
Dans sa troisième lettre, du 1 décembre 1612, Galilée dit que lestaches sont visibles le même espace de temps, un peu plus de qua-torze jours ou quatorze et demi (pag. 1 3 1 ), quoique Scheiner pré-tendît en avoir vu qui einployoient quatorze jours, et d’autres seize,à traverser le disque du Soleil, et qu’il en voulût conclure qu’ellesétoient éloignées du Soleil. Galilée dit s’en être assuré par plus docent dessins faits en grand et avec soin (pag. 116).
11 assure (pag. 182) que l’on voit quelquefois dans le Soleil de
<a) Dans le temps qu’on ne connoissoit pas encore la nature de ces taches, onvoulut leur donner des noms; Tarde, borbtmia sidéra, 1620; Maupertuis, ans-triaca sidéra, i 633. Cette ineptie est même restée dans le dictionnaire de Tré-voux , édition de 1772 , au mot Satellite.
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