518 ASTRONOMIE, LIV. XXII.
et nous avons vu que la précession semble indiquer la même chose.M. Boscovich, en partant d'une différence de 2“-, 49 ou ^ sur le pen-dule, et supposant dans l’intérieur de la Terre un noyau sphérique ,également dense à égales distances du centre, trouve que l’aplatis-sement seroit ~ , tandis que la combinaison des diftérens degrés me-surés lui donne 3^ ( Voyage astronom ., pag. 469, 5i2 ); et il s’entient à 3^. Newton supposoit que l’augmentation de pesanteur et l’a-platissement étoient toujours d'accord ; niais cela n’est vrai que pourun sphéroïde homogène ; et il paroît que la Terre est plus dense versle centre : or Clairaut a fait voir, dans une théorie savante et cu-rieuse , qu’en supposant la Terre composée d’une infinité de coucheselliptiques , dont les densités et les ellipticités varient d’une maniéréquelconque , l’augmentation de pesanteur doit différer de au-tant que l’aplatissement, mais l’un en plus et l’autre en moins ( Fig.de la Terre , p. 243 - 249 ).
D’après cela, M. delà Place trouve que la diminution de pesan-teur observée indiqueroit pour l’aplatissement ( Mém. académ.1783 , pag. 34 ) ; et par une théorie plus générale ( Mém. 1782 ) ,il prouve que l’aplatissement ^ peut satisfaire aux pendules, à laprécession et aux parallaxes , sans satisfaire aux degrés : les mesuresdu degré lui paraissent mieux représentées par — d’aplatissement;mais il est obligé d’en rejeter plusieurs ( Mém. 178,3, pag. 23 ).
En combinant les expériences du pendule qui donnent pour dif-férence de pesanteur ^ , il s’ensuit que l’aplatissement est 3^, tan-dis que les degrés de France et du Pérou donnent 3^, et la combinai-son des six degrés qui s’accordent le mieux, faite par Boscovich,donne ^ (psg- 809 ). Il me semble donc que l’aplatissement supposé~ avec l’augmentation de densité en approchant du centre de laTerre, est Te résultat Jle plus vraisemblable qu’on puisse adopter( Mém . 1785, pag. 1 - 8) ; il satisfait aussi mieux à la précession( 3727 ) ; ainsi je n’ai pas cru pouvoir conserver dans mes tables l’a-platissement employé par Newton , ni pour la parallaxe, ni pour lesdegrés de la Terre, quoique les astronomes anglois continuent des’en servir. Au reste il est aisé de comprendre que la grande com-pression des parties voisines du centre, et le défaut de fluidité par-faite, ont dû empêcher que la Terre ne prît toute la quantité d’apla-tissement que la force centrifuge aurait produite dans un corps parfai-tement fluide et homogène. Quoi qu’il en soit, on peut regarder l’apla-tissement de la Terre et celui de Jupiter ( 3345 ) comme une nou-velle démonstration de son mouvement ( 1084 ), et en même tempsde la théorie de l’attraction.