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; grillées ou vitrées , dont
une belle jalerie décorée d’armoires ^la sculpture est très-recherchée. Feu M. le Duc d’Oríéans ,qui logeâ t chez ces Peres , où il avoit fait bâtir une maisonparticulière pour son habitation , a beaucoup contribué à laconstructic.n de ce beau cabinet, & l'a enrichi d’une collectionde pierres gravées & de camées antiques d’un très-grand prix.On y voit encore plusieurs vases étrusques fort estimés , quiviennent du cabinet de M. le Comte de C aylus, très-savant An-tiquaire , & de l’Académie des Belles-Lettres.
Les Peres Fronteau , Lallemant 8 c du Molinet , ayant suc-cessivement 8 c heureusement travaillé à acquérir des livres ,des manuscrits, des estampes, des médailles & des curiositésnaturelles & artificielles, il fallut pour lors nécessairementsonger à disposer un lieu pour les placer. Pour cet esset onpratiqua en 1675 une galerie ou vaisseau de trente toises delongueur fur quatre de largeur. II étoit éclairé des quatrecôtés par des croisées , & décoré de tablettes de menuiserie ,&c. Cette bibliothèque 11’étoit que d’environ 19000 volumes ;mais !e nombre s’en est tellement accrû depuis, tant par lesacquisitions nouvelles , que par le legs de M. le Tellier, Ar-chevêque de Reims, qu’à présent elle est au moins de qua-rante-cinq mille volumes. II a donc fallu en aggrandir le vais-seau de plus de moitié , tant dans fa longueur , qui est aujour-d’hui d’environ 53 toises , que par un autre vaisseau qu’on abâti du côté de l’Eglìse & du jardin , qui coupe l’ancien aveclequel i! forme une croix , au milieu de laquelle on a ouvertune espèce de dôme qui en éclaire les quatre parties. La bran-che de cette croix, qui est du côté de l'Eglise, est plus courteque les trois autres ; & pour cacher cette irrégularité, le sieurde la Joue , Peintre de l’Académie Royale de Peinture, a peint,au fond de cette partie, une perspective qui représente unsalon ovale, éclairé par une grande croisée au milieu. A l’entréede ce salon, paroi lien t deux consoles qui portent des urnes demarbre antique. Sur le devant est une sphère selon le systèmede Copernic. Tous ces morceaux font peints avec tant ^intel-ligence , que les yeux y font trompés tous les jours.
Les Peintures du dôme représentent S. Augustin, que deuxAnges élèvent au ciel. Entre plusieurs sujets, qui auroient pÛorner ce dôme , on a cru devoir préférer celui-ci , puisquerien ne paraît plus convenable que d’ériger dans le centred’une multitude infinie de volumes, un trophée au plus cé-lébré des Peres de l’Eglise. Ce motif intéressant pour toutebibliothèque, formée dans un goût de Religion , est encoreplus pressant pour une bibliothèque possédée par des Chanoi-^
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