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Tome I.
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nes-Réguliers de S. Augustin , attaches à ses maximes & à fadoctrine, lis confièrent Pexprestion de leur ide'e à^ean Restout yneveu &élevedu fameux /oímwer, Peintre ordinaire duRoi.II a très-bien répondu à leur choix , & a rendu 1 apothéose dece Saint avec une dignité <k une sublimité prelqu égale augénie de ce Pere de l’Eglise.

On voit donc dans les Peintures de la voûte de ce dôme ,Saint Augustin fur une nuée, entouré d’Arges & de Chéru-bins , qui semblent applaudir aux victoires que ce Saint aremportées fur les hérétiques ; deux autres Anges l’éleventau ciel. 11 tient d’une main un livre , & de l'autre cette plumevictorieuse employée depuis fa conversion à la défense de lavérité & de la Religion. Iles rayons lumineux, qui reviennentassez au nimbus des Anciens , entourent fa tête & marquentla vivacité de son zèle & l’ardeur de sa charité. Sur le visagedu Saint se lisent les sentimens de joie & d’admiration que luicause l’approche du Seigneur dont il avoit étudié les gran-deurs , & annoncé la puissance. Le S. Restout n’a eu garde d’i-miter ici les peintures qui donnent à S. Augustin , pour attri-but , un cœur à la main, qui désigne symboliquement l’arnourdivin. Jean-Baptiste Champagne, suivant les traces de Philippede Champagne , son oncle, a inspiré aux Peintres une noblehardiesse dans le portrait qu’il fit de S. Augustin. Il ne s’asser-vit point à lui mettre à la main un cœur q u'on peut appellercharnel ; mais il en répandit les sentimens dans tous le*traita &: dans l’attiuidc de cc grand Saint , ainsi que tout lemonde peut le voir dans l’estampe, que les Bénédictins ontmise à la tête du dernier tome de leur édition desŒuvres de ceSaint Pere. Le S. Restout, instruit pareillement de la formedes habits Ecclésiastiques , selon les dissérens âges, a donnéici à S. Augustin une chasuble antique relevée sur lesbras:fa crosse & fa mitre portées par des Anges, ressentent la vé-nérable simplicité du cinquième siècle. Au-dessous de la fi-gure s’ossre quelque chose d’effrayant, On voit partir de lamême nuée un dard de feu serpentant, qui tombe impétueu-sement sur un tas de vieux livres opposés à la doctrine du Saint,& foudroyés par ses écrits. Le Peintre désigne par là les ou-vrages de Pelage , de Manès , de Julien à'Eclane , qu’on croitvoir se consumer dans les flammes, & jetter une épaisse fumée.La description qu’on lit ici de ce grand morceau de Peinture ,a été faite sur un morceau communiqué par le S. Rejíout , &où il n’avoit oublié que les éloges dûs à son ouvrage.

La décoration de cette grande bibliothèque est d’une me-nuiserie uniforme. Les armoires, qui renferment les livres ,