PRÉFACE.
V
près sûr qu’il revint plusieurs fois dans la capi-tale entre les années 1 528 et 1532. Nous ni avonspas a rechercher quelles furent les diverses rési-dences de Rabelais antérieurement a son séjour àLyon, en 1532. Il suffit de constater que, durantses études à i Université de Paris, il avait dû fré-quenter la bibliothèque de Saint-Victor et qu'ilconnaissait les livres dont elle était remplie , livresde théologie, livres de scolastique, livres de juris-prudence, livres de polémique religieuse, plus oumoins antipathiques à ses goûts, à ses sentiments,à ses affections. De là ce catalogue railleur etbouffon , où les titres des livres et les noms des au-teurs sont travestis à dessein sous des dénomina-tions équivoques et des titres imaginaires .
« Après que Pantagruel eut fort bien estudié enAurelians, il délibéra visiter la grande Univer-sité de Paris. » C'est ainsi que commence le cha-pitre vu du livre II, et nous n hésitons pas à af-firmer que Rabelais raconte ici sa propre histoire,qu'il attribue à Pantagruel. « Vint à Paris avecqueses gens : et , à son entrée, tout le monde sortislpour le veoir, comme vous scavez que le peuple deParis est sot par nature, par bequarre et par bé-mol, et le regardaient en grand esbahissement; »c’est encore Rabelais, qui avait obtenu du papeClément VII, en 1524, l’autorisation de passerde l'ordre de Saint-François dans celui de Saint-Benoît, et qui n'en était pas moins défroqué, puis-qu’il portait alors lhabit séculier comme ses con-