PRÉFACE.
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ment de la maladie vénérienne, comme un excel-lent astrologue ou plutôt astronome (car on appe-lait astrologue quiconque s'occupait d'astronomie),et comme un docte linguiste. Il avait publié chezSébastien Gryphe plusieurs éditions revues et an-notées, dont il signait les préfaces et les dédicaces(Hippocratis ac Galeni libri aliquot, 1532; J. Ma-nardi Ferrariensis epistolarum medicinalium tomussecundus, 1 532; Ex reliquiis venerendæ antiquitatis,Lucii Cuspidii testamentum, 1532) ; il avait com-mencé la série des almanachs calculés sur le mé-ridional de la noble cité de Lyon, qu'il continuasans interruption pendant dix-huit ou vingt ans,en prenant sur le titre de ces almanachs ou éphé-mérides la double cqualité de médecin et d'astro-logue. On peut donc assurer qu il n attachait pasencore à son Gargantua et à son Pantagruel assezd'importance, pour se faire honneur de ces facé-ties imprimées sans nom d'auteur et non encoreavouées par lui. Ce fut seulement à partir du tierslivre, qu'il osa y mettre son nom et en accepter laresponsabilité littéraire.
Nous voulons induire de ces faits, que Rabelais,à l'époque où il composa son second livre, étaitessentiellement bibliographe et ’ne se piquait pasde se faire connaître en dehors du domaine de lascience. Il est resté savant et bibliographe dans leroman bouffon qu'il a mis au jour, presque mal-gré lui et, dans tous les cas, avec autant d'insou-ciance que de légèreté. On n'a pas encore pensé