24 NOTICE SUR LA BIBLIOTHÈQUE
clans le catalogue de Claude de Grandrue sans au-cune remarque qui les distingue des autres manu-scrits, on est fondé à croire qu’ils avaient été venduscomme de véritables manuscrits exécutés par desprocédés nouveaux, et qu’ils passaient encore pourtels en 1514, malgré la mention expresse du Nécro-loge, qui donne à Pierre Schoiffer, à Conrad Henlifet à Jean Fust la qualification d 'imprimeurs de livres.
Ce fut certainement sous le règne de François I erque la bibliothèque devint publique, et que les éco-liers, qui la fréquentaient à cette époque où Rabelaisy venait souvent travailler, firent main basse surune quantité de livres qu’ils emportaient ou qu’ilsmutilaient en dépit de la vigilance du bibliothécaire.Nous avons dit que la dispai’ition d’un certainnombre de manuscrits avait été signalée dans le ca-talogue de Claude de Grandrue à la suite de plu-sieurs inventaires de la bibliothèque. Le P. Jean deThoulouze 1 n’a pas négligé de rappeler que cette bi-bliothèque avait éprouvé des pertes très-regrettables,par le fait de l’indélicatesse et de la méchanceté decertaines personnes qu’il ne nomme pas; mais ilsemble éviter d’entrer à ce sujet dans des explica-tions qui l’auraient forcé peut-être d’accuser nomi-nativement les auteurs des larcins, qu’il déplore ences termes :
« Curiosi quique imo et doctores indignabuntur,quod libros, tractatus,opuscula, et, unoverbo, quid-
1. Antïquit. S. Victoris , t. Il, p. 194-.