DE L’ABBAYE DE SAINT-VICTOR.
45
sister les anciens qu’on ne voulait pas démolir avantl’installation de la bibliothèque dans le local qu’onlui destinait. C’était un grand corps de logis, longde vingt-quatre toises et haut de quinze, ayant àchaque extrémité un pavillon en avant-corps et cou-ronné d’un entablement avec consoles à l’italienne.Le corps de logis était éclairé par cinq croisées or-nées de bandeaux et de frises - , chaque pavillon n’a-vait qu’une seule croisée, ornée de chambranles etde corniches avec balcons saillants. Suivant le Guidedes amateurs et. des étrangers voyageurs à Paris ,par Thiéry (Paris, Hardouin etGattey, 1787, 2 vol.in-12), le gros œuvre était fini en 1787, mais rienn’avait été fait encore à l’intérieur du bâtiment,pour y établir la bibliothèque, qui était toujoursinaccessible aux lecteurs.
Cette magnifique bibliothèque ne prit possession dulocal qui lui avait été préparé à grands frais, quepour être condamnée à disparaître tout à coup avecl’abbaye où elle s’était formée depuis six siècles. Pardécret de l’Assemblée nationale, les biens des com-munautés religieuses faisaient retour à l’État, et lesbibliothèques qui se trouvaient faire partie de cesbiens allaient rentrer dans le chaos pour servir àcréer de nouvelles collections publiques. Le biblio-thécaire de Saint-Victor était alors le timide abbéFrançois-Valentin Mulot, qui avait tristement em-brassé la cause de la Révolution, et qui siégeaitcomme député à l’Assemblée nationale, non loin deson ami l’abbé Grégoire. Il n’essaya pas de sauver