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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 65

doute déterminé le recteur à publier un décretcontre leur luxe immodéré de toilette, en un mot,contre leur gorg/aselé. Dès l’année 1360, le prévôtde Paris avait fait défense aux femmes de mauvaisevie, sous peine de confiscation et d’amende, de por-ter sur leurs robes ou sur leurs chaperons « aucunsgez ou broderies, boutonnières d’argent blanches oudorées, ni des perles, ni des manteaux fourrez degris. » Cette défense fut renouvelée plus d’une fois,et toujours sans succès, par les prévôts de Paris,et même par arrêt du parlement. Un arrêt du26 juin 1420 interdit à ces femmes « de porterdes robes à collets renversez et à queue traisnante,ni aucune fourrure de quelque valeur que ce soit,des ceintures dorées, des couvre-chiefs, ni bou-tonnières en leurs chaperons. « Les délinquantesétaient condamnées à l’amende, et les objets qu’ellesavaient sur elles en contravention de la loi, sevendaient au profit du domaine de Paris. Voy.VHist. de la Prostitution , par Pierre Dufour, t. IV,p. 148.

Nous sommes persuadé qu’on trouverait la tracedu decretum en question dans les registres ma-nuscrits de l’Université de Paris. Quant au sens dumot gorgiasitate , les commentateurs sont d’accordpour l’interpréter de travers. Voici, par exemple,comment Le Ducliat a traduit le titre latin rapportépar Rabelais : « Decret par lequel l’Université deParis permet aux jeunes femmes d’étaler leur gorgeà plaisir! » Dans- la vieille langue, Gorgiaseté estun substantif qui correspond à l’adjectif gorgias ,gorgiase , et au verbe se gorgiaser.

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