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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 89

dote, ch. 39, nomme fanfares les pompeuses céré-monies du service divin dans l’Eglise romaine. Fan-fares serait donc synonyme de pompes, cérémonial.On peut supposer néanmoins que Rabelais, en par-lant des Fanfares de Rome , a voulu représenter lebruit qu’avait fait dans la chrétienté le sac de laville éternelle prise d’assaut et occupée par les lans-quenets du connétable de Bourbon en 1527. CésarGrollier, dans sa relation inédite de cet événement,raconte que « on entendoit les cris et les hurlementsmisérables des femmes romaines et des religieuses,que les soldats menoient par trouppes pour saoulerleur luxure. » Voy. les Observât, hist. des frères deSainte-Marthe sur les Lettres de Rabelais (Brus-selle, Fr. Foppens, 1710, in-12, page 95).

Si l’on admet cette dernière supposition, il y aun petit livre français qui vient la confirmer :

« Petit traicté contenant la déploration de toutesles prinses de Rome, depuis sa fondation jusqu’à laderniere prinse des Espagnolz qui a esté plus cruelleque toutes autres (par Jacques Godard). Paris, J.Longis, 1528, in-8 gotli. »

On peut découvrir aussi un nom d’auteur dansces Fanfares de Rome, et nous avons pensé à unmoine du treizième siècle, Augustinus Triumphus ,qui étoit l’ami de Gilles de Rome et qui composa,sur le pouvoir de l’Église, un livre dédié au papeJean XXII : « Triumphus Augustinus de Ancona,Summa de ecclesiastica potestate. Augustæ,per Joli.Schuszler, 1473, in-fol, goth. »

Enfin, une de ces équivoques, que Rabelais cherchetoujours dans la similitude ou la consonnance des