106
CATALOGUE
Yoici maintenant les titres'des deux livres fran-çais, où Rabelais avait trouvé ses Lunettes :
« Les Lunettes des Princes, avecques aulcunes ba-lades de plusieurs matières composées par feu JehanMeschinot, seigneur de Mortiers, escuyer en sonvivant, principal maistre d’hostel de la duchesse deBretagne, à présent royne.de France. Mantes, Es-tienne Larcher, 1491, in-4 goth. »
Le savant auteur du Manuel du libraire a décritvingt-deux éditions de ce recueil de poésies moraleset religieuses, auxquelles Meschinot avait donné letitre de Lunettes des Princes, « pource que touthomme peut estre dict Prince en tant qu'il a receude Dieu gouvernement d’ame. » Rabelais a peut-être voulu dire que de pareils vers, plus édifiantsque poétiques, étaient bien faits pour des dévots-quientreprenaient le voyage de Rome.
Le second ouvrage , que Rabelais a pu se rappe-ler, ne fût-ce que pour l’opposer au précédent, estcité par Du Yerdier en ces termes :
« La Lunette des Cbrestiens, par laquelle ilspourront facilement voir les raisons pour lesquellesmoult de miseres et calamitez adviennent journelle-ment en ce monde, contre la fausse opinion de plu-sieurs disant icelles miseres et calamitez estre èschoses qui véritablement sont ordonnées de Dieu.Imprimée en vieille lettre, in-16, sans nom nidate. Luthérique. »
Rabelais a l’air de conseiller la lecture de ce livreaux bons catholiques qui allaient à Rome pour ga-gner des indulgences, et surtout aux théologiens quise rendaient au concile de Trente, car, suivant sa