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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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mot formularium , qu’on prononçait for mou la riu m ,ce qui établit un rapport d’assonance avec deuxmots latins : forum , barreau ( fors en vieux fran-çais), et molarium, de meule ou de moulin. On com-prend que cette équivoque ait fait jaillir le Masche-fain des Advocatz , d’autant mieux que formula ,dans la basse latinité, signifiait une sorte de gâteauou de brioche.

Au reste, l’épithète de maschefain ou mas chefe inappliquée aux avocats et aux praticiens, était telle-ment usuelle alors, qu’on en avait fait le synonymedes gens avides qu’elle caractérisait. Rabelais l’em-ploie lui-même dans son inscription de l’abbaye deThelème :

Cy n’entrez pas, maschefains, practiciens,

Clercs, basochiens, mangeurs de populaire....

Dans le chap. 15 du livre Y, il explique ainsicette expression : « Au temps passé on les nommoitmaschefains , mais las! ils n’en maschent plus.Nous, de présent, les nommons maschelevreaux ,mascheperdrix. » Le proverbe populaire : « Avoirl’appétit ouvert comme la gibecière d’un avocat, »se trouve aussi dans Rabelais, liv. I : « J’ay un esto-macli pavé, creux comme la botte sainct Renoist, tous-jours ouvert comme la gibbecessiere d’un advocat. »

N’oublions pas de citer un ouvrage que nousavons trouvé dans l’ancien catalogue des'Mss. deSaint-Victor et qui répond assez au Maschefain desAdvocats.

AIbertam Brixiensis causidici lihri XV de doc-trina dicendi et tacendi , pup. JJ. n° 17. (396.)