DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAIN T-VICTOR. 143
le vieux jurisconsulte de Bergame avait, dans sonDictionarium ulriusque juris, assis le camp descrimes et des délits; mais il jugea plaisant de laissersubsister le mot crinibus, qui faisait un étrange sys-tème de castramétation ; en effet, l’art d’arrangerles cheveux sur la tête exigeait une sorte de tactiqueassez compliquée, et à plus forte raison, quand ilfallait les façonner en perruque. Peut-être Rabelaisa-t-il voulu dire que la chevelure des savants, etnotamment des jurisconsultes, avait une garnisoncomme un camp fortifié. Dans le cliap. 37 du li-vre I, il avait déjà raconté « comment Gargantuasoy pignant faisoit tomber de ses cheveulx les boul-lets d’artillerie, » tellement que son père Grand-gousier pensait que c’étaient des poux, qu’on appe-lait alors des esparviers de Montaigu.
60. L’entrée d’Antoine de Leive ès terres de
Brésil.
Le titre de ce livre a été ajouté dans l’édition de1542, et, dans les éditions postérieures, il a subi unchangement qui prouve que les éditeurs n’avaientpas bien compris l’idée de Rabelais, car ils ont misès terres des Grecs , au lieu de : ès terres duBrésil.
Rabelais a parodié le titre d’une de ces publica-tions populaires qu’on publiait à un grand nombred’exemplaires et qu’on criait dans les rues auxentrées des rois, des reines et des dauphins deFrance (comme U Entrée de la Royne en sa villeet cité de Paris , 1531, in-4, et l’Entrée de Monsei-