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gné ici le titre exact d’un chansonnet (c’est ainsiqu’on nommait ce genre d’écrit ; voy. la lettre xiiide Rabelais), affiché sur le dos de Marforio. Aureste, il avait pu voir de ses propres yeux le luxeeffréné des cardinaux romains; car il parle, dansses lettres à l’évêque de Maillezais, de leurs mules enpontifical , c’est-à-dire couvertes de riches housses etempanachées, comme pour des mascarades.
62. Apologie d’icelluy contre cetjlx qui disent
QUE LA MULE Dü PAPE NE MANGE Qü’a SES
HEURES.
C’est encore un chansonnet, qui aura paru sous ]
le nom et la protection ‘de Marforio, pendant que |
Rabelais était à Rome. Peut-être l’avait-il composé |
lui-même; car ce proverbe célèbre se trouvait déjà |
dans le Gargantua, ch. 5 : « Ventre saint Quenet, |
parlons de boire ! Je ne boy qu’à mes heures comme j
le mule du pape. » i
On a dit depuis : « Fantastique comme la mule du j
pape. Il est quinteux comme la mule du pape, quine boit et ne mange qu’à Ses heures. » Voy. Le livredes Proverbes français , par Leroux de Lincy, 1"édit., t. I, p. 25.
Reste à découvrir l’origine de ce proverbe. Nouspensons que le mot mule doit s’entendre ici de lapantoufle du pape, qui ne se laissait pas baiser àtoute heure. Le jeu de mots fournit matière à deplaisants rapprochements, d’autant plus que la fin dela phrase, à ses heures , est sujette à équivoque, parallusion aux Heures du pape, Horæ pontificales. '
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