DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 153
65. Le Chiabrena des Pucelles.
C’est-à-dire : Les Simagrées des Filles.
Rabelais, qui cite des vers empruntés au tiers livredu Chiabrena des Pucelles (liv. III, ch. 8), sembleainsi nous indiquer que nous devons chercher cetouvrage parmi les ouvrages de poésie. De plus, dansun autre passage (liv. IY, ch. 10), il nous apprendce que signifiait le mot Chiabrena , dont l’inventionpourrait bien lui appartenir, lorsqu’il fait dire àfrère Jehan, parlant de la cuisine : « J’en sçay mieulxl’usaige et cerimonies, que de tant chiabrener avecces femmes, magny magna, chiabrena, révérence,
double reprise_Bren, c’est merde à Rouen. Tant
chiasser et ureniller. »
Nous pensons donc que Rabelais a fait allusionen même temps à un certain nombre de poèmes etde pièces de vers, consacrés à la peinture et à la cri-tique des grimaces que font les filles, magtii magna,chiabrena , quand elles vont devenir femmes. Voiciquelques-uns de ces opuscules, que Rabelais a com-pris probablement dans le Chiabrena des Filles.
a La Complainte et lamentation des belles etillustres dames et belles pucelles, filles de Rome,adroyssant au tres-chrestien roy de France et àmadame la Regente. Sans lieu ni date (Paris, vers1 527)', in-8 goth. de 7 ff. »
« Doctrinal des Filles. Lyon, Pierre Mareschal,sans date, pet. in-4 goth. de 6 ff. »
Plusieurs fois réimprimé.
« Doctrinal des nouvelles mariées, Lantenac,Jean Crès, 1491, in-4 goth. de 6 ff. »