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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 159

Lyon, en posa la première pierre, et Louis de Beau-mont, évêque de Paris, en fit la dédicace l’an 1482.On lisait sur la muraille cette inscription :

Millibus hæc dénis tuis fossis Diva CapellaDe populi donis ultro patrata fuit.

Une confrérie des Dix mille Martyrs était attachéeà cette chapelle qui produisait de bons revenus auxPadres Célestins ; car, tous les membres de cetteconfrérie participant aux prières et autres bienfaitsspirituels de la communauté entière, les aumônes etles dons arrivaient en abondance dans la bourse ducouvent.

Ce sont ces Dix mille Martyrs que Rabelais désignepar ce mot de brimborions , qui signifiait alorscomme aujourd’hui des bagatelles, des débris à jeterau vent. Etienne Pasquier dérive brimborion de bre-viarium , qu’on avait transformé en brebiarium parcorruption, et qui se prenait dans le sens de menussuffrages ou petites oraisons. Voilà pourquoi Oudin,dans son Dictionnaire françois-italien, rend ce mot-là par : prieghere senza attentione. Brimborionserait plutôt un diminutif de brirnbe, formé debribe. On disait brimber, que nous expliqueronsainsi : manger à petites bouchées, morsiller.

Brimborions est donc le synonyme de rogatons ,qu’on employait plus généralement pour caractériserces bribes de corps saints, auxquelles on accordait unvéritable culte par toute la chrétienté et qui eurentune si terrible guerre à subir de la part des hugue-nots du seizième siècle.

Rabelais s’est peut-être souvenu aussi que la