DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 171
Ce titre de livre semble renfermer une équivoquesur le mot Bullarium ; il pourrait bien reproduireà peu près le titre d’un recueil de bulles des papes,relatives à la réglementation des confréries, ou bienà celle de plusieurs ordres monastiques, qui furenten effet réformés au commencement du seizièmesiècle, parce qu’ils étaient tombés dans le relâche-ment le plus scandaleux. Quant aux confréries,nous ne voyons pas, comme le dit Le Duchat,qu’elles aient été renversées à cette époque.
Loin de là, ces confréries avaient pris une prodi-gieuse extension, surtout dans les différents corpsd’arts et métiers; elles étaient le prétexte et la causede bien des excès en tout genre et surtout d’orgies quise renouvelaient à chaque réunion des confrères. Lespapes et les évêques eurent beaucoup de peine àmettre un frein à ces abus, mais ils se gardèrent desupprimer les confréries qui procuraient de grossessommes aux paroisses. Nous avons trouvé seulementune bulle imprimée, qui confirme la réformationd’une de ces associations pieuses et profanes à la fois.Voici le titre de cette bulle :
« Bulla Sixti IV quarenovatur Gonfraternitas lios-pitalis S. Spiritus. Datuin fiomæ apud sanctumPetrum. Rornæ, 1477, in-4. »
En revanche, les bulles, qui établissaient des con-fréries nouvelles, sans préjudice des anciennes, sontassez nombreuses. Nous connaissons aussi les statutsde plusieurs de ces confréries (voy. le Bibl. franc.de Du Verdier, 1.1 de l’édit, de Rigoley de Juvigny,p. 432), mais elles ne furent pas culbutées , suivantl’expression de Rabelais, qui fait peut-être allusion