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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DR IA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. I!)5

fratres mendiants, « affin qu’apres son trespas ilz nele declairent hereticque et damné, comme les farfa-detz feirent de la Prevoste d’Orléans. « Il paraîtque, par suite de la diablerie d’Orléans et de quelquesautres du même genre, on désignait les moines sousle nom de farfadets : « De faict, dit Rabelais (liv. IY,ch. 46), monsieur Lucifer se paist à tous ses repasde farfadets pour entrée de table. »

On lit dans XAlphabet de ïAuteur françois :« L’auteur pareillement au chap, suivant du troi-sième livre monstre assez quels sont ces farfadets, àscavoir trompeurs et mensongers. » Henri Estienne,dans XApologie pour Hérodote (ch. 28), cite aussi,avec de curieux détails, « l’Esprit forgé par les Cor-deliers d’Évreux et un autre depuis en l’Espritd’Orléans. »

90. La Bellistrandie des Millesouldiers.

Ce titre paraît être une allusion maligne à l’ou-vrage suivant, qui a pour auteur Jean Bouchet :

« La déploration de l’Eglise militante sur les per-sécutions interiores et exteriores, et implorationde aide en ses adversitez, par elle soutenue en l’an1510 et 1511, que presidoit en la chaire monsei-gneur St Pierre Julius Secundus : composé par leTraverseur des voies périlleuses. Paris , GuillaumeEustace, 1512, in-8 goth. »

Rabelais était l’ami du poëte-procureur de Poi-tiers, Jean Bouchet, mais il ne savait pas résister auplaisir de faire un bon mot ; d’ailleurs, Jean Bou-chet, après avoir penché un moment vers la réforme,