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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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s’était rattaché avec frénésie à la communionromaine, et Rabelais lui gardait rancune de cettereculade antiphilosophique.

La Croix du Maine cite un autre livre qui peutbien être aussi pour quelque chose dans la Bellis-trandie des Millesoudiers. Ce sont Trois livresde l'Armée chrestienne, écrits d’abord en latin ettraduits ensuite en français, par Brun de la Pom-peraie, dit le capitaine Silly, gentilhomme touran-geau qui avait latinisé son nom en Bruno Pompera-nus. Son livre aurait été, suivant La Croix du Maine,imprimé à Paris, à Poitiers et autres lieux ; mais nousne le trouvons décrit par aucun bibliographe.

Tous les commentateurs se sont grossièrementtrompés, en cherchant à expliquer ce que Rabelaisentendait par la Bellistraiulie des Millesoudiers.C’est incontestablement une épigramme contre lacoquinerie des soldats de milice qui vivaient sur leplat pays, suivant leur propre expression, et qui nese piquaient pas de devenir des héros, en touchantleurs gages, c’est-à-dire leur solde. Dans le ch. 26de Gargantua , Rabelais a fait un triste tableau desdégâts commis par les gens de guerre : « Adoucques,sans ordre et sans mesure prindrent les champs lesuns apres les autres, guastans et dissipans tout paroù ilz passoient, sans espargner ny paovre ny riche,ny lieu sacré ny prophane,... etc. »

Bellistrandie pour bellistrerie , c’est le genre devie d’un gueux, d’un fainéant, d’un vaurien ; mille-soudiers ', c’est sans doute.une équivoque sur le motlatin miles et sur le mot français soudard, formé desolda fias : Rabelais, par un de ces pléonasmes qui lui